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Chennai (Madras), 30 avril 2007
C'est l'avion de retour vers la France ...
Dans nos têtes défilent les images des trois mois passés dans ce pays qui nous était inconnu en arrivant ...Il y a bien sûr l'ivresse d'un voyage loin de ses racines et de son quotidien, et ce sentiment unique de liberté et d'enrichissement qu'il procure.
Mais nous retiendrons surtout la beauté et la sincérité des regards, la ferveur et l'intensité de la vie, l'élégance quotidienne des femmes, ces sourires et ces mots échangés qui vous confortent dans votre croyance que l'on peut vivre mieux ensemble ... Il y a aussi les rencontres, nombreuses, faites au long de la route, et que l'on garde dans nos coeurs avec l'envie de les prolonger : ceux qui nous ont accueillis, les voyageurs de tous horizons, mais aussi ceux que l'on a aimés et qui s'installent dans le pays ...
Nous étions partis pour donner un peu de notre temps, nous avons reçu beaucoup et vraiment aimé ce pays au point d'avoir du mal à revenir ... Un pays où l'on sait donner sans arrière pensée, où l'on a gardé une perception de l'essentiel qui confère à ce peuple une gentillesse et une douceur de tous les instants...
Toutes choses oubliées dans nos sociétés occidentales que l'on laisse dériver lentement mais sûrement vers un matérialisme et un individualisme forcenés.
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Publié à 03:01 le 9/05/2007 |
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Comme on est sur le retour, pour en faire profiter tous ceux qui voudraient partir dans cette région ... et parce que tout n'est pas écrit dans les guides, voici quelques conseils avant de partir :
- voyagez légers, ne vous chargez pas : on trouve ici très facilement - et pour pas cher - des vêtements adaptés au climat, prenez le strict minimum.
- inutile de prévoir un parcours très précis ave hôtels, etc. et de réserver plusieurs mois a l'avance ; faites vous une idée générale, ensuite il est très facile de s'organiser sur place, on peut se faire une idée des lieux et décider de rester ou partir.
Il est très facile de circuler ici en train, bus, voire avion si vous le souhaitez ... et de programmer ces trajets sur place
- sauf si votre temps est très limite (et encore), ne prenez pas de chauffeur en permanence : c'est très cher (compare au niveau de vie du pays) et cela vous isole complètement ... Quant a l'idée d'avoir la même personne tous les jours avec soi ...
Et surtout, n'hésitez pas à aller à la rencontre des gens sur votre parcours, de toute façon, ils viendront vers vous !
Budget : on peut voyager très bien (hôtels ou guesthouses, restaurant et transport) pour environ 400 a 500 Euros par mois et par personne. Un repas complet coûte en moyenne 3 euros, une chambre simple environ 4/5 euros, et une chambre double 10/11 Euros ; ce sont bien sur des prix moyens. Il faut y ajouter le prix du billet d'avion (entre 700 et 900 Euros environ pour un aller retour selon les compagnies et les périodes de l'année).
Pour de meilleurs prix sur les billets d'avion, voir par exemple l'agence Soundar Travels (bureaux à Paris et à Pondichéry) www.soundartravels.com
Conseils pratiques : ce qu'il ne faut pas oublier :
- un antiseptique - les plaies ici peuvent s'infecter très vite -, du synthol (utile pour plaies et piqûres d'insectes).
- des médicaments pour intervenir rapidement en cas de problème digestif ou de diarrhées (spasfon, immodium, smecta), pas de traitement antipaludisme.
- des lotions anti moustiques et pour la nuit une moustiquaire (le site www.astrium.com est très bien pour commander, même en dernière heure, des produits nécessaires au voyage, moustiquaires par exemple) .
- du lait de protection solaire a indice élevé.
- une lampe torche (coupures d'électricité fréquentes) et quelques piles.
- des petits cadenas pour fermer vos sacs, et une chaîne pour les accrocher aux sièges des bus ou des trains (utile la nuit lorsque l'on a le sommeil très lourd).
- des tampons périodiques.
- des serviettes de toilette.
- des lingettes nettoyantes pour les mains ou, mieux, un gel nettoyant que l'on n'a pas besoin de rincer (moins polluant que les lingettes).
- un dico d’anglais.
- une clef usb sur laquelle on peut mettre quelques données importantes et sauvegarder ses photos.
- des chaussures de rando légères si vous voulez faire des trekkings en montagne et sweat a manches longues pour les soirées.
- des romans si vous êtes lecteur, que vous pourrez par la suite échanger avec des voyageurs rencontrés, ou laisser dans des guesthouses. On a trouve peu de livres en français sur notre parcours, excepté bien sur a Pondichéry.
- une gourde isotherme.
- les adaptateurs électriques sont inutiles dans la plupart des cas.
Enfin, nos "bons plans», les adresses que nous avons aimées ou adorées (certaines sont dans les guides, d'autres pas) : PONDICHERY : - Villa Pondichéry Guesthouse, bien sur : une pension pas comme les autres, pour le propriétaire Pichaya (voir notre article) , pour les conversations autour de son petit déjeuner. Adresse : 23, rue Dr Ambekdah Salai - Oupalam Tel (0091) 0413 235 62 53 www.pondy.org, e mail : villapondichery@pondy.org - Restaurant La Terrasse : cuisine complète, prix raisonnables, dans un cadre sympa.
AUROVILLE : - Sharnga Guesthouse (demandez Kripa) : pour le cadre exceptionnel dans une nature tropicale, et pour l'accueil.. - la Bakery à Kuilapalayam, pour ses croissants et gâteaux - le resto du New Creation Corner (que tout le monde connaît ).
GOA : Si vous êtes dans les environs d'Anjuna et que vous voulez un super accueil comme en famille, allez à Red Cab Inn, une équipe adorable.
HAMPI : Le Mango Tree Restaurant, un resto inoubliable en terrasses sous un manguier géant ... bonne cuisine et vue superbe sur la rivière et les environs.
ALLEPEY
Pour une halte tout au bord des back waters , à prix moyens, Malayalam Resorts Tel 0477 223 45 91. C'est aussi bien et beaucoup moins cher que tous les hôtels ' de luxe' des environs.
Fort COCHIN : - Le Kashi Art Cafe, pour le lieu , et pour ses petits déjeuners. - Hotel Chiramel Residency, un peu cher mais une belle maison de famille au coeur du vieux Cochin. Pour une véritable cure de médecine ayurvédique, évitez les hôtels et pensions qui vous proposent massages et autres traitements, contactez un centre spécialisé, par exemple : - Arya Vaidya Sala a Kottakal tel (0091) 0484 6450125 www.aryavaidyasala.com ou mail : ahrekochi@sancharnet.in Cette adresse nous a été conseillée par des voyageurs rencontées à Varkala et qui avaient une très bonne connaissance de la médecine ayurvédique depuis plusieurs années.
VARKALA : Pour les hôtels, allez vers les plages du nord de la falaise, beaucoup plus sauvages et moins saturées, les hôtels sont moins chers et le cadre plus agréable que sur la falaise Par ex, Ashtamay bungalows . Essayez les restos tenus par des Tibétains et des Népalais : accueil et qualité assures.
KUMILY (réserve de Periyar) : Guesthouse Claus Garden : on se sent chez soi, on y fait des rencontres … La ferme bio chez Harry (recommandée par Claus). Autre ferme (plantations de café et de poivre) recommandée aussi par Claus et qui fait aussi guesthouse, chez Bruno à Attapulam : idéal pour passer quelques jours au calme ..
KODAIKANAL : Un guide de randonnée, P Sekar, qui vous sort des points de vue habituels vendus par toutes les agences Adresse : Anai Tressa Nagar, Sivanandi Road Tel. 4542 244 593 / ou portable 9865214479
MUNNAR : Un autre guide .. qui fait aussi rickshaw et taxi. De toute façon vous ne pourrez pas le rater .. Il est partout !: Nesamony RS Tel 9446717995 Pour les randonnées ou trekkings de un à plusieurs jours dans la région : Trackfinder Adventures, Private Bus Stand Complex Tel 04865 232608 ou www.trackfinderkerala.com Pour l'hôtel, JJ Cottage : des chambres simples, propres et pas chères et .. Encore une fois, un accueil adorable ! Bien sur, ce ne sont que quelques adresses glanées au cours de notre parcours .. A chacun de se faire sa propre expérience ...
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Publié à 03:50 le 27/04/2007 dans I QUELQUES CONSEILS DE VOYAGE |
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Pour finir notre menu avec un bon dessert (une
lectrice en particulier se reconnaîtra ...), voici le fameux
Bebinca, spécialité de Goa (la recette nous vient d'un
cuisinier d'Anjuna).
Ingrédients :
600 ml de lait de coco (extrait d' une grande noix
de coco)
150 g de farine tamisée
400 g de sucre
1/4 de cuillère à café de
poudre de noix de muscade
9 jaunes d'oeufs
100 g de beurre (ici on utilise le beurre clarifié,
le 'ghee')
Une pincée de sel.
Extraire le jus épais de la noix de coco, en
utilisant 600 ml d 'eau chaude. Le passer dans un linge fin de
mousseline. Ajouter le sucre et remuer jusqu'à ce que le sucre
soit dissout. Ajouter les jaunes d'oeufs les uns après les
autres et mélanger correctement. Ajouter la farine et le sel,
et mélanger. Éviter les grumeaux. Saupoudrer la poudre
de noix de muscade.
Faire cuire à feu doux une cuillère à
soupe de sucre, remuer sans s'arrêter, ajouter 2 cuillères
a soupe d'eau chaude et remuer vivement. Laisser refroidir. Prendre
la moitié d'une tasse de mélange de lait de coco,
mélanger avec le sucre caramélisé froid et
le verser dans la préparation de lait de coco.
Repasser l'ensemble de la préparation dans un
tissu de mousseline. Faire chauffer le four thermostat 4. Prendre un
moule, de préférence rond. Étaler 2
ou 3 cuillères à soupe de beurre a l'intérieur.
Verser la moitié d'une tasse de pâte (la préparation)
et la faire cuire au four pendant 12 a 15 minutes. La sortir.
Mettre le four en position grill. Étaler un
peu de beurre sur la couche cuite, puis étaler une deuxième
couche de pâte. Mettre au four en position grill pendant 3 a 4
minutes. ! Les couches suivant la toute première sont très
fines (3 mm d'épaisseur).
Continuer à étaler et à faire
griller différentes couches de pâte et de beurre (3 mm
d'épaisseur) jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de pâte.
Faites refroidir complètement et retourner le gâteau
dans un plat large.
Remarque : le sucre caramélisé
n'est utilisé que pour donner une couleur caramel au gâteau.
Il n'est pas obligatoire.
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Publié à 01:02 le 25/04/2007 dans E GOA |
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(plantation de cardamone)
Après Varkala, nous décidons de
changer d'itinéraire et d'éviter la route de
Kanyakumari (pointe sud de l'Inde) et de Madurai, car la chaleur de
l'été ici se fait pressante, voire oppressante ...
Les sommets de sud de l'Inde se situent entre 1000m
et 2600m d'altitude et la température en avril / mai est
idéale ... : on rejoint donc la région de Periyar
, le village de KUMILY.
Le train qui nous conduit vers Kottayam est bondé
: c'est une ligne importante qui part de la pointe sud du pays
(Kanyakumari) et remonte jusqu'à Bombay. Train populaire donc,
où les européens sont rares, et où les Indiens
s'installent pour de longues heures "comme à la maison",
souvent en famille et emportant avec eux de lourds colis, des cartons
soigneusement ficelés que l'on place là ou l'on peut
... Cela nous fait beaucoup penser à l' Amérique latine
où, les voitures personnelles étant très rares
comme ici, les transports en commun sont vraiment utilisés et
chaque déplacement est optimisé ..
Un bus nous conduit ensuite de Kottayam, où
nous quittons la côte, vers Kumily : la route devient sinueuse,
l'air plus frais et l'on commence a apercevoir au bord de la route
des arbres à latex, du poivre puis des plantations de thé
..., que nous retrouverons un peu plus tard à Munnar. Kumily
est situé tout près de la réserve d'animaux de
Periyar, appelée avec fierté ici " Periyar Tiger
Réserve" .. Dans la pratique, il y a effectivement des
animaux, mais ceux qui ont vu le tigre sont - très - rares ...
Des l'arrivée à la gare routière du village, les
visiteurs sont happés par des rabatteurs, de mèche avec
des chauffeurs de rickshaw . Ils se présentent comme des
guides et sont payés par différentes sociétés
ou hôtels pour organiser toutes sortes de visites, notamment
des trekkings ou 'jungle safaris' (des sorties en jeep autour de la
réserve). On est très loin cependant d'un tourisme
comme on l'imagine à l'européenne : l'accueil au bureau
des gardes forestiers de la réserve est plus que sommaire, les
brochures et explications aussi ... Kumily (comme son village voisin
Thekady) est resté une petite ville bien indienne, avec ses
échoppes de vendeurs, tailleurs et blanchisseurs, et sa vie
tranquille.
Les chambres d'hôtes commencent à se
développer dans les environs ; celle où nous passons
quelques jours est tenue par Claus, un allemand venu en Inde dans
les années 70 et marié à une Indienne.
L'ambiance est sympa et le lieu, connu maintenant depuis de
nombreuses années, se prête aux rencontres entre
voyageurs de toutes sortes. Nous rencontrons un Belge, parti
depuis 3 ans et demi maintenant, et qui voyage en Inde et dans le sud
est asiatique avec sa moto, une Royal Enfield achetée ici. Il
nous avoue qu'il est plus facile pour lui de vivre ici presque sans
travailler, que de retourner dans son pays où la vie est
devenue très chère .. et l'immobilier inaccessible. Il
connaît très bien cette région du monde, nous
parle des régions de l'Himalaya, et des rencontres de voyage
qui l'ont marquées, notamment celle qu'il a faite avec un
Italien qui voyage depuis environ 30 ans ...
D'autres européens se sont installés
ici. Nous visitons sur les hauteurs de Kumily la ferme bio de Bruno,
un Lyonnais marié aussi a une Indienne et installé
depuis 16 ans maintenant dans ce cadre magnifique au milieu de ses
plantations de café et de poivre .. La région est très
connue pour ses épices : les conditions d'altitude et de
climat permettent la production de cardamone, de poivre, mais aussi
de café.
Nous passons devant une coopérative de
cardamone, ou les femmes passent cette épice dans des tamis de
différentes tailles pour les 'conditionner', les plus gros
étant les plus recherchés. On dit que cette épice,
très utilisée ici, a entre autres vertus celle de faire
maigrir !

Après ces quelques jours on prend la route
de KODAIKANAL, située plus haut autour de
2000m d'altitude, la route qui nous y conduit traverse une région
très agricole, où dominent les cocotiers, dont le lait
et l'huile sont très utilises dans la cuisine du Kerala. On
trouve aussi des vignes, qui produisent le raisin de table que l'on
retrouve dans beaucoup de boutiques de rue. Quant aux vins, on n'en a
pas bu depuis notre départ, mais l'Inde commence à en
produire dans la région de Bangalore.. La route de montagne
qui conduit à Kodaikanal est superbe, le paysage est dominé
sur les hauteurs par les forets d'eucalyptus.
La petite ville elle même est sans charme
particulier, mais elle domine un joli lac et elle est surtout la
destination favorite des Indiens (pour l'infime minorité qui
peuvent partir en vacances) dans les mois d'été d'avril
et mai. On s'en aperçoit très vite en arrivant, ce
week-end là est en plus un week-end particulier de vacances
indiennes .. Ceux là font des ballades en pédalo, ou
dégustent des glaces au bord du lac .., bref des vacances "à
l'européenne". C'est une région de circuits de
trekking, mais les Indiens ne font pas de randonnée : ils
remplissent en général, à une dizaine de
personnes, un gros 4x4 et font du "sight seeing", c'est à
dire se déplacent en voiture sur les points de vue les plus
connus ..
Dans l'hôtel que nous prenons, nous sommes
les seuls européens ; c'est un véritable hôtel à
l'indienne, avec confort modeste, vue sur la montagne .. et sur
les déchets que l'on y jette sans scrupules, ce qui défigure
pas mal les environs. Les Indiens en vacances occupent le hall commun
de l'hôtel comme à la maison, s'installent portes
ouvertes dès 6h du matin et font leurs gargarismes et leur
rots sonores, assis sur leurs lits devant les chaines tv du
satellite et le son à fond ... Comme dirait un
patron d'hôtel ici, observant ce qui distingue européens
et indiens, il y a deux choses essentielles qui les différencient :
"privacy" (le souhait de préserver une vie privée)
et "confort"..., choses futiles pour la plupart des
Indiens.
A Kodaikanal, ou l'on produit aussi du chocolat
..., quelques lieux écolo se développent : une boutique
bio et un resto délicieux , la "German Bakery", crée
par un Allemand dans les années 70 (il en existe un autre à
Goa) et qui a développé dans le nord de l'Inde près
de l'Himalaya une ferme écologique où il produit blé
et céréales notamment .

Finalement on prend goût à la
température de la montagne, et avant de retourner à
Pondichéry, on décide de partir pour MUNNAR,
pas très loin de là dans le Kerala.
L'arrivée à Munnar est tout simplement
magique, les plantations de thé recouvrent comme un tapis vert
la montagne, offrant des points de vue sublimes ; la route surplombe
des lacs et traverse aussi des forets d'eucalyptus et des plantations
de cardamone ..
Munnar est un des principaux sites de production du
thé, avec Darjeeling au nord de l'Inde, et le Sri Lanka. Nous
prenons un rickshaw (un peu collant mais très enthousiaste :
'nice view, take picture !') et au bord de la route, on assiste à
la fin de la journée de travail pour certaines ouvrières
; elles taillent (tous les 3 mois pour un même plant) les
feuilles les plus jeunes qui seules servent à la fabrication
du thé, et sont payées environ 80 roupies (1,40 euros)
pour les 35 kg de feuilles coupées chaque jour ... La plupart
de ces plantations appartiennent à l'empire Tata, le
milliardaire (en euros) de l'Inde, que l'on ne peut pas rater ici
puisqu'il fournit au pays outre le thé, des voitures, le
téléphone, la TV par satellite,etc ... et même
une compagnie aérienne ..
Un peu de culture ... : le thé vert
est non fermenté , il est torréfié, roulé
et desséché. C'est le thé qui désaltère
le plus et qu'on peut consommer tout au long de la journée, on
vante aussi ses vertus thérapeutiques ... Les feuilles du thé
noir sont flétries, roulées et fermentées, puis
desséchées ...Voila , vous savez tout ..!

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Publié à 05:38 le 21/04/2007 dans H LES MONTAGNES DU SUD |
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Ces recettes nous ont été données par Sumil KK, le cuisinier de l'hôtel Keraleeyam à Allepey ou nous étions. On s'est tellement régalés qu'on veut en faire profiter tout le monde ...! A servir avec du riz (nature, riz au citron, ou riz à la noix de coco) 1 - FISH MOLI Ingrédients : pour un poisson de mer de 200g A - 2 pincées de tarmaric ou cucurma 4 fleurs de cardamone 1/2 cuillère à thé de graines de poivre 1 baton de cannelle 1 cuillerée a soupe de gingembre et d'ail finement émincés 1 piment vert (green chilly) Des feuilles de curry avec la quantité que l'on veut (à remplacer, pourquoi pas, par de la coriandre fraiche) 1 gros oignon coupé en rondelles Du sel, à son goût 25 mg de noix de cajou (très utilisée dans de nombreuses sauces ou dans le riz dans le sud de l'Inde) B - 200 ml de lait de coco Faites chauffer la poêle à la flamme Versez de l'huile de noix de coco et faites revenir tous les ingrédients jusqu'à ce qu'ils dorent. A ce moment là, y ajouter le poisson et faites le cuire avec les épices doucement. Recouvrez le de lait de coco et faites bouillir le tout 2 à 3 minutes. Ajoutez des rondelles de tomates et versez de l'huile de coco. Servir le poisson baignant dans cette sauce de couleur laiteuse.
2 - FISH POLLICHADU (Pour 2 personnes)
Prendre 2 morceaux de poisson que l'on met dans un plat contenant le mélange suivant : une cuillère à café de poudre de red chilly, 1/4 de cuillère de turmuric ou curcuma, et du sel. Fendre le poisson. Réservez le.
Dans une poêle, verser de l'huile de noix de coco. Quand l'huile bout, verser du gingembre et de l'ail émincés, du piment vert, des oignons en rondelles, des feuilles de curry, du curcuma, du red chilly, du poivre noir, des tomates émincées. Pour les proportions, vous vous débrouillerez avec la première recette !
Faites revenir ces épices. Ajouter un verre de lait de coco et du sel. Réduisez la sauce de façon à ce qu'elle devienne un mélange homogène à tartiner sur notre poisson qui attend son heure ...
Prendre une feuille de bananier (est ce qu'une ou deux feuilles de vigne non traitées feront l'affaire ...?), la tartiner de la sauce obtenue. Placer le poisson sur cette feuille, le recouvrir également de sauce. L'enrouler et l'enfermer dans la feuille de banane que l'on verrouille a l'aide de cure dents.
Placer le paquet correctement au four (thermostat moyen - 6) et le sortir lorsque la feuille est sèche et légèrement dorée.
On cuisine au Kerala avec de l'huile de noix de coco alors que c'est plutôt l'huile de tournesol qui est utilisée dans le Tamil Nadu. Le Kerala est une région de l'Inde où les plantes sont très utilisées, où les soins du corps par les plantes sont très développés et où une résistance historique existe du fait de la politique exercée par le parti communiste pendant environ 40 ans ; le gouvernement de cette région a tente de s'opposer au monopole des produits Coca cola, mais a été oblige de céder face aux pressions exercées par l'Etat Indien, qui entretient des relations commerciales avec les Etats Unis (ces derniers ont réussi a vendre leurs engrais et leurs graines en Inde, Jose Bové qui est venu ici a encore du boulot ...)
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Publié à 07:16 le 19/04/2007 dans G KERALA |
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LE GOUDRONNAGE DES ROUTES EN INDE, ARTICLE ECRIT PAR TRISTAN le 6/04/07 ..
Dans le Kerala, au sud-ouest de l'Inde, je suis
tombé sur des travaux qui consistent qui consistent à
goudronner une ancienne piste qui amène au village où
nous logeons.
Tout d'abord des triporteurs vont chercher des
cailloux goudronnés à quelques mètres des
travaux, d'autres des bidons métalliques contenant du goudron
liquide. A Pondichéry, ce n'étaient pas des triporteurs
mais des charrettes tirées par des boeufs aux cornes peintes
(certaines en bleu, blanc et rouge ..!) Des hommes sur place munis de
pelles prennent les cailloux goudronnés et les étalent
sur l'ancienne route sablée. D'autres versent le goudron
liquide chaud contenu dans les bidons sur le sol caillouteux déjà
chaud.
Je les regarde et je remarque que tous ces gens
n'ont pas de gants et que la plupart sont en tongs. Certains se
protègent le visage avec un foulard car les odeurs sont très
fortes. A Pondichéry, j'ai vu des femmes se confectionner des
gants avec du papier journal.
Nous les questionnons et ils nous disent que si le
goudron liquide leur touche les mains, ils les nettoient avec du
pétrole.
Après que tout cela soit fait, alors des
femmes pliées en deux passent derrière eux munies de
balais en paille de riz et éparpillent le mélange.
Alors un rouleau compresseur passe sur ces cailloux mélangés
au liquide noir et d'autres femmes suivent l'engin en versant de
l'eau sur les rouleaux.
Les femmes travaillent autant et aussi dur que les
hommes dans le bâtiment. L'Inde n'est vraiment pas modernisée.
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Publié à 09:48 le 15/04/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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 Depuis Allepey, nous prenons un bateau vers Quilon et de là un bus nous conduit à Varkala. La traversée en bateau (80 km sur les backwaters) prendra 8 heures. Des villageois sur les rives, des pêcheurs agitent leur bras au passage du bateau. Des enfants le suivent en courant et en criant. Au passage d'une écluse, des pêcheurs lancent des filets ronds cerclés de franges métalliques, qui se posent sur la surface de l'eau comme des robes de danseuse déployées et s'enfoncent lentement dans l'eau.
Au large, des dizaines de filets chinois abandonnés, tendent leurs armatures grises de bois pourrissant vers le ciel, les filets déchirés pendent tristement. Leur dernière gloire est de servir de perchoir de luxe aux aigrettes et aux cormorans. Nous arrivons à Varkala, la nuit est déjà tombée, nous ne verrons rien ce soir là du bord de mer. En revanche les grillons, ces aiguiseurs nocturnes, remplissent notre nouvelle chambre de leurs sons tranchants, rabaissant même l'océan tapageur en un faible murmure.
Il y a seulement trois ans, Varkala était parait il assez peu touristique et donc sûrement plus sauvage. Qu'est ce qui a fait son récent succès ? Une belle plage protégée par une falaise de rochers rouges, falaise sur laquelle s'agglutinent désormais boutiques, restaurants et guesthouses, bâtiments serrés et légers, souvent élaborés avec peu de choses, un petit village artificiel de boites d'allumettes. Nous sommes en basse saison, les températures de l'après midi sont élevées, la mer est haute et grignote les plages au nord et au sud. Les commerçants de la falaise sont légèrement désoeuvrés ; ceux qui viennent du Cachemire préparent leur retour dans leurs contrées d'origine, pour ne revenir qu'en août/septembre lorsque le tourisme redémarre ...
Sur les plages du nord de la falaise, les pêcheurs
s' activent tous les jours sauf le vendredi pour leurs deux pêches
matinales. Une lourde embarcation largue à 200 ou 300 mètres
du bord un filet qui sera tiré à la corde par des
hommes restés sur la plage. Du monticule de pierres sur lequel
nous sommes, on aperçoit les deux cordes remontées et
tanguées à la surface et retenues sur la plage par deux
équipes d'hommes, attentifs aux signes de rame d'un autre
homme dressé sur son radeau et posté a la hauteur du
filet.
Brusquement, les pêcheurs se mettent ensemble
à tirer la corde et a s'encourager en chantant. Les derniers
prennent la place des premiers ; enfants et vieillards se joignent à
cette chaîne humaine qui se tord et fait courir ses mains le
long de la corde rêche. Lorsque le filet arrive au bord, dans
un mouvement désassemblé, des pêcheurs soulèvent
les poissons d'argent. Certains chancellent sous la force des vagues.
Le filet est porté et traîné sur la plage ; les
hommes l'ouvrent à moitié, le retiennent par les bords,
attendant que leurs captifs ne sautent plus.

D'où nous sommes,
on peut voir arriver les pêcheurs chargés de cagettes,
des mamies s'animer et des enfants attendre autour de ce butin vomi
par l'océan. La distribution commence : des pêcheurs à
grande brassée ramènent les poissons vers eux et en
remplissent des bacs en plastique. D'autres les trient, en
jettent aux enfants en leur lâchant des mots secs et tendus ;
les jeunes garçons en remplissent précipitamment leur
dhoti remonté aux genoux. Une mamie assise attend sa ration
quotidienne qu'elle enferme dans une poche plastique puis, de son pas
lent, sa frêle silhouette courbée tourne le dos à
la foule concentrée et à leurs cris et prend la
direction du village. Des hommes s'occupent des cordages qu'íls
étalent minutieusement au soleil avant de les enrouler pour la
pêche du lendemain ...
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Publié à 10:12 le 8/04/2007 dans G KERALA |
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(voir album photos Kerala ...)
ALLEPEY ... un de ces noms agréables à
prononcer qui laisse dans le palais une saveur douce. Du bus qui
traverse la ville, on aperçoit des canaux verdâtres et
ombragés sur lesquels beaucoup de houseboats longent les rives
; des jacinthes d'eau reconnaissables à leurs feuilles grasses
et ventrues encerclent les bateaux qui sont immobiles depuis un
certain temps. Après le bus, nous prenons un rickshaw qui nous
conduit à un village situe au bord d'un lac et traversé
par de nombreux canaux. Des femmes attendent sur la rive qu'une
barque passe afin de les conduire au prochain village, ou à
Allepey. Les couleurs de leurs saris troublent la surface de l'eau
sombre.
Nous louons une petite hutte faite de feuilles de
bambous et de cocotiers tressées, juste au bord de l'eau.
Notre chambre aux parois si légères invite tous les
sons familiers des canaux ... le choc du bois de la rame sur la
coque, le clapotis de l'eau, la tige de bambou qui racle le fond, les
appels des vendeurs de poisson, le ronronnement des moteurs des
houseboats, le plongeon des cormorans, le claquement du linge mouillé
que l'on frappe sur les pierres, le croassement lamentable des
corbeaux ... Sur les canaux glissent des morceaux de vie . Il y a les
barques au bois sombre, chargées de sable, que les hommes vont
puiser au fond des canaux, ou de grosses pierres grises et de briques
d'argile rouge. Ces barques là sont tellement lourdes qu'elles
s'enfoncent dangereusement dans l'eau au point que l'on n'en aperçoit
plus la coque. D'autres, conduites souvent par des femmes, débordent
d'herbes fraîchement coupées et destinées aux
vaches et aux chèvres. Et puis il y a le chargement de noix de
coco ou de feuilles de cocotiers. De la chair du fruit (la copra) on
retire de l'huile, et de la coque des fibres (coir) que les femmes
filent à l'aide de rouets afin d'en faire de la corde, Le
coir sert également à la confection de tapis qui
dessinent dans les cours des temples des chemins sur lesquels on pose
nos pieds nus afin de les épargner de la chaleur cuisante des
parterres dallés sous le soleil.
Un vieux pêcheur nous propose une ballade dans
sa barque ... Au large du lac, on observe toutes sortes de pêches.
Un homme depuis son embarcation laisse couler dans l'eau un fil sur
lequel sont accrochées à intervalles réguliers
des bandes de plastique. Deux hommes dans l'eau plongent et
saisissent à la main les poissons attirés par le
plastique brillant et hypnotisant .. Une communauté de gypsies
du Karnataka, installée a l'écart du village, pêche
au filet dans des embarcations rondes posées sur l'eau comme
des soucoupes à l'envers qui flottent, glissent et
tournent sur elles mêmes. Une petite embarcation à
voile nous dépasse ... elle accroche la lumière et à
bien y regarder, sa voile est faite d'un patchwork de sacs de riz
cousus ensemble et bombés désormais par la brise. Près
des rives, un homme plonge et remonte dans sa barque des poignées
de moules et de coquillages. Une fois mangés, les coquilles
sont broyées et utilisées dans la maçonnerie
afin de réaliser, mélangés a des pigments
colorés et de la chaux, des effets de tadelakt. Les sols des
maisons, les murs des salles de bains sont recouverts de ce mélange
que l'on cire après séchage. Des cormorans se
perdent au fond des eaux pour réapparaître plus loin,
petits corps noirs perdus au milieu des jacinthes d'eau. Tous les
matins, on en aperçoit un, en face de notre maison, posé
au milieu du canal sur un pieu dépassant de l'eau, les ailes
écartées, immobile, attendant du soleil qu'il sèche
et lisse ses plumes. C'est tous les jours notre première
vision matinale .. un oiseau de jais dépassant d'un parterre
de jacinthes d'eau opaque.
Dans le village, les écoliers commencent a
savourer leurs premiers jours de grandes vacances (avril/mai), Des
garçons armés de frondes font tomber des noix de cajou
haut perchées, repérables a leurs fruits rouges
accrochés à la coquille comme une verrue. Notre vieux
pêcheur nous apprendra a reconnaître les jack fruits
- des fruits allongés, à la carapace verte et
épaisse comparable à celle d'un reptile -, les noix de
muscade, les papayers, les manguiers et les poivriers qui s'enroulent
autour d'un tronc sans étouffer l'arbre.
Pour certains villages des backwaters, la gestion de
l'eau potable est difficile et le gouvernement du Kerala vient de
signer un accord avec le Japon qui accordera un prêt important
pour aider cet État a développer son réseau
d'eau potable. Pour l'instant, le gouvernement fait distribuer ici de
l'eau deux fois par semaine ...
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Publié à 10:08 le 8/04/2007 dans G KERALA |
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Le Kerala est la région de l'Inde qui a conservé le plus l'utilisation de médecines traditionnelles, dont l'ayurévudisme. C'est dans cette région en effet que l'on trouve toutes les plantes qui entrent dans la composition des huiles médicinales.
Un peu de culture ...! AYURVEDA vient de VEDA : la vérité, la science, en référence aux écrits anciens et AYUR : la vie.
Les origines de l'Ayurveda remontent à la mythologie hindoue, à Brahma le créateur (l'un des dieux de la trinité hindoue, avec Vishnou le gardien et Shiva le destructeur) qui livra à travers le livre des écritures (Veda), plus de 100 000 versets consacrés aux secrets de cette connaissance (3000 ans av. JC). La philosophie de l'ayurvéda est indissociable de celle du yoga, à savoir atteindre l'unité du corps et de l'esprit. Elle s'appuie sur l'étude de la connaissance du corps humain et sur les thérapies du Panchakarma, médecines alternatives comprenant entre autres l'utilisation des huiles et décoctions à base de plantes. Ces thérapies sont essentielles pour éliminer les impuretés accumulées dans le corps, et rester en bonne santé. Ces pratiques jouent un rôle de catalyseur et stimulent les fonctions naturelles du corps. Ces méthodes sont utilisées par les moines bouddhistes depuis des siècles, notamment au cours de leurs longs voyages. Cote pratique : - le premier massage que nous avons essayé est un massage "rajeunissant" (réjuvénation), qui vitalise et améliore la circulation du sang. On est masse sur tout le corps, en commençant par les cheveux et le visage. Les mouvements du masseur sont amples et conduisent jusqu'a la pointe des pieds et des mains ... Baignant dans l'huile naturelle de massage, nos corps glissent comme des savonnettes ! - on enchaîne avec le "kizhi" ('leaf bundle massage'), qui consiste à tapoter la peau et la frotter avec des linges noués et chauds contenant des feuilles imprégnées d'huiles médicinales. L'odeur de l'huile chaude peut faire penser à la friture. D’autant plus que les tampons arrivent sur un plateau en étant en train de frire ! - enfin , en dessert, et pour terminer la séance (qui dure environ 3 heures), arrive le "sirodhara" - voir photo - qui consiste a déverser sur le front une décoction faite à base d'huile naturelle et de lait de vache ..., génial pour se relaxer ! Chaque ville keralaise possède ses pharmacies d'huiles médicinales, dont chacune à des vertus particulières et est destinée à soigner par le massage des maux spécifiques. Les fioles sont alignées tout le long des murs sur des étagères en bois derrière des vitrines coulissantes et crasseuses. Les étiquettes collées sur les bouteilles et écrites en malayalam, sans aucune fioriture, ne dissipent pour nous aucun mystère. Il n'en est pas de même pour tous les centres de massage soit disant ayurvédiques implantés comme des champignons dans tous les coins touristiques ... et qui respirent plutôt la niche commerciale que la conservation et le respect d'une connaissance précieuse donnée pour soigner. Le tourisme, en la vulgarisant à outrance, l'abîme et appauvrit sa pratique.
Pour retrouver la source, il faut se rendre dans des hôpitaux traditionnels qui sont avant tout des fondations dispensant des cures de soins ayurvédiques sans attendre de profits financiers ... 
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Publié à 08:46 le 8/04/2007 dans G KERALA |
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Les dosas (ou dhosais) sont des crêpes fabriquées à partir de farines de lentilles et de riz que les indiens mangent au petit déjeuner et que l'on farcit de légumes pimentés, servis avec un curry de légumes (appelé ici sambar).
Dans le Kerala, on nous les a servies avec une préparation supplémentaire : le chatni qui est un bouillon de noix de coco relevé de piments, de feuilles de curry, et de graines de pavot.La boisson qui accompagne les Indiens le matin et toute la journée est le tchai, du thé (masala tea) bouilli dans du lait avec du sucre, de la cardamone, du gingembre, des clous de girofle, de la noix de muscade et de la cannelle. On peut trouver, à la place des dosai, des pooris qui sont des galettes de naan (pains indiens) fries dans le wok et gonflées comme des petits ballons. On les mange comme les dosai trempées dans un curry de légumes.
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Publié à 06:10 le 3/04/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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Après une nuit passé à Calicut, nous partons en bus plus au sud pour rejoindre Cochin : les 250 km se font en 5 heures environ (quelques pauses incluses). Dans un village que nous traversons toujours à forts coups de klaxons, tout un parterre sablonneux, exposé à toutes les poussières soulevées par le trafic, est recouvert de noix de coco ouvertes, séchant au soleil. J'apprendrai plus tard qu'elles restent ainsi 4 jours avant que la chair (copra) soit transformée en huile utilisée pour la cuisine, la base des huiles de massage à laquelle on rajoute les vertus de certaines plantes comme le santal, pour le soin des cheveux. Plus loin, sur la route, un éléphant transporte un fagot de bois enroulé dans sa trompe. Pascal a lu dans The Hindu (le journal national) que le gouvernement du Kerala s'inquiétait de l'exploitation trop importante des éléphants dans le tourisme. Certains développent des infections au niveau des pieds, d'autres piquent des crises de folie. Et pour ceux là les guides leur enchaînent les pattes comme des bagnards.
Nous arrivons en milieu d'après midi, sous une chaleur écrasante, à Ernakulam, le quartier de la ville le plus dense : les rues sont saturées de circulation, quelques grands immeubles émergent au dessus de multitudes de petits commerces de rues. Ces immeubles, financés par de riches investisseurs du moyen orient, donnent cet aspect de quartier d'affaires d'une ville « moderne » qui est en train de devenir la plus importante du Kerala.
Il faudra quasiment une heure en rickshaw pour atteindre, après s'être faufilés au milieu d'embouteillages gigantesques, la presqu’île de Fort Cochin ou nous logeons. Cochin est constitué de 3 presqu’îles et d'autres petites îles, entre lesquelles on circule soit en ferry, soit en voiture grâce aux ponts construits aujourd'hui.
Fort Cochin ou nous nous installons est la partie la plus ancienne de la ville, marquée par la présence portugaise mais aussi celle de la communauté juive, l'une des plus anciennes diasporas du monde, quasiment disparue aujourd'hui. Les musulmans sont présents aussi. La ville était un lieu important de commerce des épices ; en nous baladant près de la synagogue, un marchand de gingembre que nous croisons au hasard des rues nous fait visiter fièrement son entrepôt de gingembre et de poivre noir, nous donne des explications sur son activité (ces épices sont vendues en Inde mais aussi largement exportées). Et nous fait essayer sa balance à poids !
Les senteurs d'épices et les entrepôts décrépis rappellent cette tradition de commerce, développé surtout avec la Chine et le Moyen-Orient. Un peu plus loin, les alignements de boutiques d'antiquités du quartier de Mattancherry évoquent toute la richesse de l'artisanat du Kerala : sculptures en bois de santal, boites à épices, coffres et plateaux d'offrandes, bijoux, huiles naturelles ayurvédiques, statuettes en bronze représentant les divinités ... La rue qui conduit à la synagogue (la plus ancienne d'Inde) regorge de ces boutiques d'antiquaires, et le client blanc est interpellé tous les 10 mètres, comme une proie au milieu de ces cavernes d'Ali Baba .. Nous passons devant le bureau de poste de ce vieux quartier juif, ou le cachet représente l'étoile de David ...

Selon un rituel immuable, les pêcheurs plongent et relèvent ces filets à intervalles réguliers, grâce à un système de balancier dont les poids sont de grosse pierres. La pêche est parfois bien maigre. Au delà du symbole touristique, un pêcheur nous explique que ces installations ne leur appartiennent pas : ils touchent 70% des revenus de la vente du poisson, les 30% restant allant aux propriétaires des filets. Ces pêcheurs travaillent tous les jours de l'année - un filet doit faire vivre 5 familles -, et ne peuvent pas se payer leur propre installation, le teck très résistant qui sert a faire les poutres est trop cher.
Sur la place juste derrière, se sont installes quelques "restaurants paillotes", qui cuisinent le poisson frais vendu sur les étals tout proches. En passant par là, on surprendra un chevreau né il y a quelques minutes, en équilibre instable sur ses pattes, fouillant de sa tête le ventre de sa mère ...
Autre symbole du Kerala : les « back waters », ces lagunes que creusent les courants et qui bouchent les estuaires des fleuves et des rivières. Des canaux artificiels relient entre elles ces lagunes et forment un vrai réseau de voies navigables, au milieu des cocotiers et de la végétation tropicale. Les bateaux traditionnels (kettuvalam), qui évoquent immédiatement les sampans chinois, transportaient essentiellement du riz et de la coir, la fibre qui entoure la noix de coco et que l'on tisse pour fabriquer des cordages ... Aujourd'hui, ces bateaux sont aménagés pour balader les touristes et certains ('house boats') sont même des hôtels sur l'eau. La plupart de ces house boats (on en compte près de 700, nous dira un vieil home dans un village) sont à moteur et pollue sérieusement l'eau des back waters. Les Indiens vivant dans les villages au bord de l'eau ne se déplacent que sur des barques, en ramant ou à l'aide d'un bambou qu'ils plantent jusqu'au fond des canaux peu profonds. Quelques ampans de taille modeste se déplacent encore de cette façon traditionnelle, mais ils sont très rares.

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Publié à 07:05 le 2/04/2007 dans G KERALA |
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Nous quittons Hampi en train
pour rejoindre Bangalore puis Mysore, une étape sur notre route vers le Kerala
au sud. Le train est un moyen de transport très utilisé en Inde et bien
structuré. Les Indiens se déplacent principalement pour aller voir de la famille
ou pour leurs affaires ... souvent petites. Le train permet de faire
différentes rencontres, les Indiens ayant cette curiosité naturelle pour les
étrangers, toujours mêlée de bienveillance, ce qui facilite les échanges.
Ainsi nous rencontrons dans le
train un responsable de la conservation des musées dans le Tamil Nadu à
Chennai, qui nous pose amicalement une foule de questions sur notre famille et
notre voyage. L'apprentissage de l'anglais en France lui parait trop tardif ; en
Inde on commence l'anglais dès 6 ans et la plupart des études universitaires
(appelées 'collège' en Inde) se font en anglais.
Mysore (voir album photos) est
une ville assez importante, organisée autour du palais du maharaja et de des
marchés aux légumes, aux épices et aux fleurs. Ces fleurs sont utilisées pour
fabriquer toutes sortes d'huiles essentielles (lotus, jasmin, rose, nénuphar
...), chacune apportant des vertus particulières. L'huile de bois de santal
fabriquée ici est réputée dans les massages pour ses vertus relaxantes. La
médecine ayurvédique et les massages sont très présents dans le sud de l'Inde,
en particulier au Kerala. L'ayurvédisme fait partie intégrante du kalarippayat,
un art martial qui implique autant l'esprit que le corps. L'art du massage est
le dernier niveau de connaissance que l'on peut atteindre dans le kalarippayat.
A Mysore, le marché est
immense, les étalages de fleurs que les marchands attachent et vendent au mètre
(jasmin notamment) sont comme des rubans de couleurs. En revanche, nous sommes
moins séduits par la désagréable insistance et même la corruption de chauffeurs
de rickshaws, de mèche avec certains commerçants pour nous proposer des
circuits à la journée, les prix des produits étant fixés en fonction de
l'incrédulité des touristes. Dans une société pauvre où il faut parfois
survivre, c'est aussi la règle du jeu ...
Dans les rues, nous croisons musulmans,
moines bouddhistes, soeurs chrétiennes ... tout cela au milieu des hindous.
Pour la première fois dans notre voyage, nous voyons des femmes voilées, dont
seuls les yeux apparaissent et qui ne soutiennent aucun regard. Nous entendons
l'appel à la prière depuis la mosquées toute proche ... Juste derrière le
marché, le plus grand de l'Inde du sud, une enfilade de hangars sales et décrépis,
leurs portails de fer ouverts tels des bouches béantes et obscures, dégueulent
jusque sur la rue des régimes de bananes, des pyramides d'oranges posées, ou de
la paille éparpillée ; cette manne colorée et désordonnée fait le bonheur de
quelques vaches, qui iront traîner leur
naseaux dans les détritus et les restes jetés par les restos. un policier évacue
à coups de matraques dans les mollets un vendeur ambulant afin qu'il s'écarte
plus vite de la rue encombrée ...
Nous jetons un coup d'oeil sur les programmes de
la télé indienne : ce qui prédomine, ce sont les clips et les feuilletons romancés
et à l'eau de rose, les danses 'indo européanisées', les chanteurs
grassouillets, les émissions 'franchisées' comme "Qui veut gagner des
millions ?" (' Oui, c'est mon dernier mot , -J Pierre-' en
hindi, ça fait tout drôle ...), répliques exactes, décor compris, de ce que
nous servent les mêmes boites de production en Europe.. Enfin, la coupe du
monde de cricket à la Jamaïque
fait plusieurs pages chaque jour dans les journaux. Les Indiens suivent passionnément
ce sport, et l'élimination de l'Inde au premier tour sera vécue comme une
catastrophe nationale, obligeant même l'entraîneur national a faire protéger sa
maison à son retour au pays ...
Autre expérience courante, y compris dans
certaines grandes villes, les coupures d'électricité (le soir notamment), qui
n'ont pas l'air de troubler grand monde et qui, au pays des néons, plongent le
soir des quartiers entiers dans le noir. Des hommes, autour d'un tea store,
continuent à bavarder, des verres de masala à la main, sans manifester aucune nervosité
ou gêne, éclairés seulement par les phares des scooters, des bus et des
voitures.
Le lendemain, nous partons en voiture vers
Calicut, porte d'entrée du Kerala. La route traverse d'abord une réserve
naturelle où nous apercevons des éléphants, puis serpente près des sommets du
sud de l'Inde (de nombreuses plantations de thé témoignent de l'altitude),
avant de redescendre vers le littoral. Deux crevaisons au passage sur 200 km; c'est courant, vu l'état
des routes et la chaleur accablante. Et puis, il y a toujours quelqu'un pour
aider à réparer ...
A Calicut, le dimanche après midi, la plage
attire des familles indiennes et des groupes d'hommes qui viennent prendre le
frais. Personne ne se baigne, mais la plage est pleine d'indiens debout, au
point que l'on se demande s'il se déroule un spectacle ou quelque chose
dans le style ... Non, le spectacle, c'est juste la mer et le vent. Nous sommes
les seuls blancs sur la plage et des Indiens observent nos gestes comme si nous
étions un sujet d'études anthropologiques, et lorsque Pascal et Tristan
commencent à se faire des traces de freesbee, nous sommes encerclés en moins de
temps qu'il faut pour le dire par une centaine de spectateurs ! 3 ou 4 Indiens
se joignent à eux, et les spectateurs s'amusent des attitudes comiques d'un des
joueurs. Un autre, qui n'arrive pas à maîtriser la trajectoire du freesbee,
prend Tristan sur ses épaules, histoire de s'assurer des lancers réussis. Nous
y serions encore, si une vague galopante n'avait pas dispersé ce public d'un
jour.

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Publié à 11:04 le 30/03/2007 |
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Nous sommes à la gare de Vasco de Gama à
Goa et nous prenons le train très tôt le matin en
destination de Hampi. Les quais de la gare sont déjà
sortis de la nuit et ce sont voyageurs, mendiants et vendeurs
ambulants qui se glissent dans notre nouvelle journée. De
vieilles femmes se sont improvisés par terre leur petit marché
et vendent dans de grands paniers ou sur des papiers journaux des
fruits frais ou secs. Des verres de masala fument au dessous de yeux
embués par le sommeil. Des hommes échevelés,assis
par terre, les jambes ramassées contre leur maigre corps, sont
comme sonnés par cette agitation naissante; ils ont
manifestement passé la nuit là. Nous avons une bonne
demie heure d'avance, j'en profite pour m'asseoir sur une murette et
regarder s'étirer les groupes de voyageur. Mes yeux s'arrêtent
sur une personne en particulier, je n'arrive pas a détacher
mon regard car un détail dans sa physionomie est différent
...ce sont ses cheveux portés courts, légèrement
ondulants, sur un sari classique. Autre chose de résolument
moderne retient mon attention ; c'est son indépendance de
femme indienne qui se détache des groupes, des familles ou des
couples sur le quai. Sa démarche solitaire est souple et
légère et lorsqu'elle arrive à ma hauteur, je
réalise que c'est un jeune homme aux traits fins et
gracieux. Derrière ses gestes féminins, une
inquiétude contenue trouble son regard. Personne, en
apparence, ne la remarque. Elle s'avance jusqu'au compartiment
troisième classe qui est déjà bondé, une
petite valise se balance à son bras. Elle s'arrête
hésitante et rebrousse chemin.
Nous sommes à Goa, ne l'oublions pas, ailleurs je ne
sais pas quel est le niveau de tolérance du régime
hindou pour des gens qui ne correspondent pas à la norme, il
est sûrement très bas surtout pour tout ce qui a trait
au plaisir charnel, tabou en Inde. Quand on sait que les
défilés de mode occidentaux sur les chaînes
indiennes ont manqué être censures par le régime
hindouiste, la vue des mannequins déhanchés suffisant a
faire fantasmer les hommes ...
La société indienne est hiérarchisée
en castes ou varnas, la plus élevée étant celle
des Brahmanes (caste des lettres et des prêtres).Certains
indiens n'ont pas de castes comme les intouchables et les filles de
joie, autant dire qu'ils n'existent pas ! L'appartenance à une
caste détermine toutes les relations sociales futures : il n'y
a qu'a lire les petites annonces matrimoniales dans le journal
déposés par la famille du garçon pour se faire
une idée. Dans celles ci, l'homme présente sa situation
financière et professionnelle et exige une épouse
mesurant x cm minimum et appartenant à telle caste.
Pour aller plus loin, lire "Dans la peau
d'un intouchable" de Marc Boulet, Édition du Seuil,
qui témoigne de toutes les violences que subissent les
intouchables des policiers et des puissants.
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Publié à 08:08 le 28/03/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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Le tandoor est en théorie un four en terre dans lequel on fait cuire naan et rôti (pains indiens) mais aussi viandes et poissons. Ce peut être aussi un fut métallique ayant contenu peut être dans son usage premier du pétrole .. et converti en barbecue : au fond un brasier est alimenté régulièrement par une ouverture aménagée au dessus, les cuisiniers déposent à la verticale des brochettes de poisson et de viande tandoori. Préparer les viandes tandoori revient a les laisser macérer dans un yaourt pimenté et épicé au moins une heure avant de les passer au barbecue.
Voila les proportions que l'on m'a données afin de réaliser cette 'marinade'
pour 3 poissons (style sole, appelé ici pomfret) :
- un verre de yaourt,
- 2 cuillères à thé de red chili,
- 2 cuillères à thé de coriandre,
- 2 cuillères à thé de turmuric ou curcuma,
- une cuillère à thé de cumin,
- 1/4 de cuillère à thé de sel noir,
- 1/4 de cuillère à thé de gingembre (facultatif).
Entaillez votre viande ou poisson pour que la sauce puisse s'infiltrer et parfumer la chair.
Salez (sel blanc).
Laissez mariner une heure au moins dans cette sauce de couleur rouge.
Faites griller au barbecue ; à défaut de barbecue, la poële sur feu doux (20 mn) fera l'affaire.
Servez avec du citron vert.
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Publié à 07:57 le 21/03/2007 dans E GOA |
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Dans le train vers Hampi, nous partageons le
compartiment avec un couple se rendant à un temple afin que leur fille reçoive
la bénédiction du brahmane. Pendant tout le trajet, les deux parents se
partagent les soins du bébé, déjà cliquetant par les bracelets accrochés à ses
poignets et ses chevilles, avec la même patience et douceur. Nous avons
toujours rencontré des indiens, hommes et femmes, adorant les enfants. Je me rappelle
d'une famille blanche à la visite d'un temple à Mahäbalipuram qui ne pouvait se
dépêtrer de l'adoration provoquée par leur petit dernier : tous les
indiens qu'ils croisaient touchaient systématiquement la joue du bébé blanc et
portaient leur main au coeur ou a la tempe. Des vendeurs ambulants
passent régulièrement et proposent du chai, café, des byrianis aux oeufs durs
(riz au safran agrémenté d'une sauce à la tomate et aux épices), des beignets
aux légumes enveloppés dans du papier journal et ficelés adroitement. Lors d'un
arrêt prolongé du train, un vendeur sur le quai pousse un chariot
chargé de fruits qu'il vend par les fenêtres des compartiments.
Nous arrivons à Hospet en milieu d'après-midi (280 km en huit heures de
trajet) sous une chaleur de plomb : on a l'impression que le soleil a explosé
en million d'éclats sur la surface de chaque chose. Hampi où nous nous rendons
se trouve à une quinzaine de kilomètres que nous faisons en rickshaw. Près de
la voie ferrée, sur un champ pelé, un village minuscule de tentes faites de bâches,
de tôles et de bouts de nattes tressées posés pêle-mêle, semble être un mirage derrière
le rideau de poussière que soulève l'intense trafic de rickshaws, de bus et de
scooters.
La route se déroule entre des champs de bananes
et de cannes à sucre, dominés par les cocotiers. Au loin, on devine du relief
fait de collines de blocs immenses de granit rose et safran, empilés de façon désordonnée,
laissant une impression étrange. Les temples de Hampi sont tous faits de cette
roche et ils sont éparpillés au milieu de cette végétation tropicale sur
des kilomètres. En arrivant à l'hôtel, une charogne de chien largement entamée
par les corbeaux gît au bord de la piste face à l'indifférence générale. Au fil
des jours, nous la verrons se ratatiner et abandonner par les charognards.
Une famille de cochons noirs a élu domicile dans les champs voisins de l'hôtel
; on les voit s'enfuir que lorsque les enfants viennent y jouer du cricket.
Le 19 mars est le nouvel an indien et la tradition
veut que l'on mange dès le lever un morceau de sucre roux que l'on vend sous
forme de pain cubique sur les marchés. Vers huit heures, sur la route qui mène
au village de Hampi, nous croisons des dizaines de femmes en groupes, certaines
portant de courtes pioches ou des faucilles posées en équilibre sur leur tête,
d'autres leur déjeuner enfermé dans des boites en inox et prenant les chemins
des rizières, des bananeraies ou des champs de canne à sucre. La route s'arrête
à Hampi, village minuscule et reculé, traversé par une large rivière qui, à la
mousson, grossit en fleuve.
La toute première chose que l'on distingue du
village est le gopuram de Virupaksha (tour pyramidale) impressionnant par sa
taille et sa blancheur, autour duquel s'organise la vie des indiens. A l'intérieur,
les rituels sacrés restent vivaces, les pèlerins répètent quotidiennement les mêmes
gestes. Apres l'achat d'offrandes aux portes du temple (souvent noix de coco),
ils pénètrent dans la cour principale; là, ils frappent de leur main les différentes
colonnes de granit et à l'appel des cloches du brahmane de service, ils déposent
leur offrande au pied du lingam sacré, le visage absorbé, les mains tendues
vers l'idole. Certains brisent la noix de coco sur le sol et en répandent le
jus dans le sanctuaire. Le brahmane tient un plateau sur lequel brûle de
l'huile et trace sur le front des croyants la tika, le point rouge, le troisième
oeil qui porte bonheur. La cérémonie est toujours rythmée par les sons des
gongs, tambours et cloches. A l'extérieur, un brahmane distribue des billets de
10 roupies à des mendiants. Dans un autre minuscule sanctuaire, le culte est dédié
au cobra. Depuis le temple, nous accédons à la rivière : c'est l'heure à
laquelle l'éléphant se fait laver par son cornac. Il est affalé, le corps à
demi immergé; son cornac, avec énergie, le brosse, couché sur ses larges
flancs, lui parle avec rudesse, manie sa voix comme un fouet, et lui donne
quelques coups de bâton pour que ce dieu vivant déplace sa masse. Il décrasse
le moindre centimètre de sa peau épaisse et cela tous les matins ! Une
fois sur ces quatre pattes, le monstre se rince de puissants jets d'eau sortis
de sa trompe qu'il balance en arrière, déclenchent les rires des indiens
autour de lui. Des femmes et des enfants l'encerclent de plus près et le
cornac ordonne à l'éléphant de les bénir. Il dépose alors délicatement sa
trompe sur la tête de chacun d'eux. Non loin de la toilette de l'éléphant, les
villageois à des heures différentes viennent tous se laver et faire leur
lessive ; les femmes rentrent dans l'eau en gardant leur sari, les hommes leur
dothy. Des femmes étalent des vêtements lavés et essorés sur les toits des
petits temples près de la rivière ou sur l'herbe, carrellent d'étoffes
chatoyantes les rives. Deux vieilles femmes rentrent dans l'eau en sari, se
savonnent et s'aident mutuellement à laver et démêler leur chevelure
grise.
Dans le village, des couturiers travaillent dans
la rue sur des machines à coudre à pédales. Plus loin, un homme repasse à l'aide
d'un fer d'un autre temps, assez volumineux, sûrement lourd et que l'on remplit
de charbon de bois. Des cuisinières préparent samosas, beignets et papadams
dans des woks installes sur le passage des familles, des brahmanes, des groupes
qui descendent à la rivière. Et puis il y a des mendiants qui se font passer
pour des sâdhus, d'autres pour des docteurs magiciens exhibant un carnet sur
lequel apparaissent des noms de touristes et surtout des montants de donations
assez élevés, qu'eux mêmes souvent écrivent. Des femmes à l'entrée du temple
tentent de vendre leurs bananes et des fleurs, en faisant de grands gestes de
menaces vers les vaches qui lorgnent ce déjeuner inespéré. Une fois l'éléphant
bien sèche, son cornac lui trace sur le front la tika, et sur ses oreilles
le svastika (la croix gammée qui marque la régénération perpétuelle). Le soir
nous allons dans une boutique internet, le commerçant nous désigne
l'ordinateur, les yeux rivés sur son écran de télévision, ne lâchant pas les
joueurs de cricket en pleine coupe du monde. Chaque ordinateur à sa tika et ses
fleurs de jasmin posées au dessus de l'écran. Vers 20h, des bruits de tambours
dans la rue annoncent la sortie du temple de la déesse Lakshmi. Les hommes
portent sur leurs épaules un brancard sur lequel trône l'idole couverte de
colliers de fleurs, symbolisant la terre. Les fidèles tendent aux brahmanes
leurs offrandes : ce dernier brise la noix de coco sur le sol et en verse le
jus, symbolisant l'eau, sur un plateau qu'il allume de sa torche en feu.
Tout au long des ces 4 jours à Hampi, nous ne
cesserons d'être émerveillés par les richesses de l'architecture laisses par
les rois Vijayanagar, la dynastie qui fonda cette cite au 14eme siècle :
plusieurs temples, sanctuaires et sculptures d'une finesse incroyable,
qui donnent une idée de la richesse du roi et de son pouvoir à l'époque ... De
sa mégalomanie aussi, quand on voit le bâtiment qui servait d'étables a ses éléphants
! La légende veut que lorsque l'empereur Krishna Deva Raya revenait de
guerre sur son éléphant de combat, il jette des poignées de pierres précieuses à
ses soldats vainqueurs.
Hampi est situé dans un environnement sauvage et
encore préservé du marche touristique, malgré ce patrimoine incroyable. Observer
les rites immuables du temple, visiter les sites que le soleil vient colorer en
fin d'après midi, discuter avec les habitants du village, flâner au bord de la rivière
..., un véritable enchantement !

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Publié à 10:13 le 20/03/2007 dans F HAMPI |
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Dans le taxi qui nous conduit a Panjim, capitale de l'état de Goa, avant de quitter la région, la conversation en vient aux contrôles de police et aux règles de conduite à Goa ... : le chauffeur ne met pas la ceinture (d'ailleurs elles sont dans un tel état ...) et nous explique qu'en cas de contrôle de police, il appellera un copain policier qui le sortira d'affaire en échange d'un petit bakshish ... C'est courant ici, ainsi que les commissions que prennent les taxis lorsqu'ils vous conduisent à tel hôtel ou tel site ...
En arrivant à Panjim, le quartier ou nous logeons (les fontainhas) nous donne vraiment l'impression d'être dans un pays méditerranéen : rues étroites, façades aux couleurs bariolées et aux balcons de style colonial, azulejos et une indolence qui font penser à l'influence portugaise. Ici dans les écoles, on apprend aussi le portugais et le français. Sensation bizarre que de retrouver les traces d'un mode de vie propre au sud de l'Europe : on prend le temps lors des repas plus longs et plus conviviaux (dans le reste du pays, comme le dit Madeleine, "les indiens mangent face à un mur", pour se nourrir uniquement), les gens s'interpellent dans la rue, on trouve même des bars ou l'alcool est vendu comme chez nous sans interdit, ce que nous n'avons jamais vu depuis notre arrivée en Inde. Dans un restaurant, nous savourons notre dessert préféré, spécialité de Goa : le 'bebinca', un gâteau fabriqué a partir de beaucoup d'oeufs, de farine, de ghee (beurre clarifié), de noix de coco et de sucre, et cuit au four ... un délice ! On trouvera aussi des pâtisseries méditerranéennes : mantecados, oreillettes, etc ...Bref, un style de vie très différent de celui du reste de l'Inde par son exubérance.
Les portugais firent de Goa au 16eme siècle le port le plus riche du monde, devançant même Venise. Dans la vieille ville (Old Goa), on imagine par la taille des églises l'importance de la ville à l'époque et l'évangélisation menée notamment par St François Xavier, devenu le saint patron vénéré aujourd'hui par les catholiques de Goa.
Ici comme dans d'autres régions de l'Inde, les religions se côtoient dans le plus grand respect.

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Publié à 10:09 le 20/03/2007 dans E GOA |
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Goa est restée portugaise de 1510 à 1961. Avant de devenir un coin assez touristique mais pas encore défiguré (les paillotes en bambous et feuilles de cocotiers tressées se fondent dans la végétation côtière), Goa était dans les années 70 le coin paradisiaque des hippies. Afin de rentrer chez eux ou rester plus longtemps à Goa, certains se sont mis a vendre à cette époque leurs guitares, leurs transistors et leurs radios (produits alors rares en Inde) : un petit marché aux puces était né, qui est devenu trente ans après le Flea Market d'Anjuna, un gigantesque déploiement coloré de produits vestimentaires et d'artisanat traditionnel vendus dans 500 échoppes tous les mercredis. Les échoppes sont tenues en majorité par des indiens venus des régions alentours et certaines par des freaks reconnaissables à leurs produits originaux, créatifs ... et par leurs dreadlocks.
Acheter au Flea market obéit à un espèce de ballet verbal dont la chorégraphie est connue d'avance du vendeur et de l'acheteur, mais les laisse improviser toutes sortes de mimiques allant de la moue dubitative à l'enthousiasme ("happy business !") en passant par une palette d'expressions feintes consistant à faire baisser les prix (''Give me your best price" ...). Nous y allons dès le matin ; le marché dure la journée entière. Les vendeuses nous poursuivent pour que nous soyons leurs premiers acheteurs car on leur portera bonheur pour leurs ventes de la journée ... Elles nous font sourire de quelques mots français maladroits et appris par coeur (" comment ça va ? Comme ça, comme ci ?...."). Les nettoyeurs d'oreilles, les mendiants, les chauffeurs de rickshaws et de taxis, les vendeurs ambulants arpentent les allées sablonneuses en essayant d'éveiller l'intérêt des blancs par des hello vifs et répétés comme des petits bruits secs au milieu de la musique techno - indienne déversée par les vendeurs de CDS.

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Publié à 09:43 le 15/03/2007 dans E GOA |
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Nous louons un scooter et partons à la recherche d'un coin plus désert, si cela existe encore à Goa. Cheveux dans le vent, on retrouve le même plaisir de rouler en scooter qu’à Auroville ; la circulation est légère. Encore une fois ici, c'est la vache qui a la priorité sur la route. Dans un paysage légèrement vallonné, comme dans un froissement satiné, la nature étale ses différentes nuances de vert. Des petites églises blanches immaculées sont plantées, telle des lumières, au milieu des champs et des rizières. D'énormes puits assurent l'eau des potagers et de petits hameaux que l'on découvre sur la route. Des femmes lavent leur linge ensemble en le frottant sur des pierres, d'autres portent sur leurs têtes des jarres en plastique remplies d'eau. Plus loin un homme pousse une carriole, s'installe à l'ombre d'un manguier pour confectionner du sirop de canne a sucre. Nous dépassons une famille de gypsies en déplacement ... les enfants sont assis sur un cheval habillé de tissus rouges et brodés ternis par le soleil et le voyage, les adultes aux yeux clairs marchent pieds nus.
Dans un village aux allures indiennes, un enfant joue au bord de la route avec un pneu de vélo qu'il fait rouler en le poussant avec un bâton ... De son équilibre assuré, il dépasse deux autres enfants qui crient aux motocyclistes le prix de l'essence qu'ils vendent dans des bouteilles en plastique. Il est courant de voir des échoppes d'alimentation par exemple, vendre de l'essence contenue dans des bouteilles d'eau minérale. On a déjà remarqué pour l'avoir vécu que quel que soit l'endroit où l'on se trouve, il y a toujours un indien capable de vous dépanner si vous avez un souci mécanique, de pneu ou d'essence ...
De belles maisons décaties, cachées par une végétation imposante, montrent dans le pays les traces de l'ancienne splendeur de l'occupation portugaise. La présence portugaise se retrouve également dans les traits de ses habitants métissés, dans l'implantation de ses églises catholiques d'une blancheur aveuglante, dans la nourriture et dans ses vins blancs sucres légèrement liquoreux.

Au nord de Goa, a environ une trentaine de kilometres d'Anjuna, nous trouverons des plages desertes avec comme seuls sons ceux des vagues et des oiseaux.
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Publié à 09:40 le 15/03/2007 dans E GOA |
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Nous prenons l'avion à Madras pour traverser le pays d'est en ouest, soit environ 800 km; Madras, 6 millions d'habitants et un aéroport pas plus grand que celui de Toulouse mais à l'organisation beaucoup moins prévisible. Apres avoir cherché dans l'aéroport l'endroit ou l'on pouvait bien enregistrer pour Goa, après avoir demandée l'info à plusieurs indiens au risque d'arpenter l’aéroport dans tous les sens (car un indien qui n'a pas la réponse à votre question vous répond quand même quelque chose ... avec un peu de chance, c'est la bonne réponse !), après avoir fait la queue dans la bonne file qui quelques minutes plus tard verra sa destination changer, après avoir fait escale à Cochin au sud du pays (escale non connue au moment de l'achat du billet), après avoir attendu une heure dans l'avion à l'atterrissage (pas de place pour garer l'avion ...), nous avons enfin mis un pied sur le sol de Goa.
Sur la route qui nous conduit à Anjuna (à 50 km), nous avons l'impression d'avoir quitté l'Inde. Des voitures individuelles ont remplacé les scooters et vélos. Les maisons aux façades de couleurs vives ont des toits de tuiles ; rares sont celles qui ont des toits en terrasse comme à Pondichéry. Les échoppes ont des allures de panneaux publicitaires : plusieurs sont peintes en rouge ou en bleu, avec l'inscription Coca Cola ou Pepsi se détachant nettement, dominantes, avalant du regard des automobilistes les autres échoppes ternes. Peu de saris ... les femmes sont habillées à l'européenne ou de robes à motifs portées en France dans les années soixante. Le paysage verdoyant aux cocotiers impérialistes, la terre rouge, les routes ondulantes, la mer en horizon, la musique légèrement zoukee que nous passe le chauffeur, nous font penser aux Antilles. C'est dans une guesthouse d'Anjuna que nous rendrons compte que nous avons perdu en route la boule de cristal d'Auroville et que Ganesh est parti en fumée avec l'encens... Ici, on ne casse plus les noix de coco devant sa porte pour faire partir les mauvais esprits, mais on brûle les noix de coco pour chasser les 'mosquitos' ! Beaucoup moins spirituel ! Alors qu'on mange un petit bout, la sonnerie techno d'un portable nous sort de notre douce torpeur ; notre voisin de table répond ... Il est belge,et il parle fort. On ne peut pas faire ceux qui n'entendent pas et qui ne comprennent rien ... Aussi, nous reprenons fidèlement quelques mots pioches sur le vif, histoire de vous planter le décor ou son envers ... Il est DJ, option techno, il a encore passé sa nuit avec une russe ("les seules filles à peu près normales ... c'est vrai elles boivent mais bon ..."), pour le LSD et le vallium ça tourne à fond. Perplexes, on considère de tout autre oeil les deux grandes enceintes posées dans le jardin de la guesthouse..; on voit déjà nos nuits se compter en taux de décibels et de battements par minute ! Où sont passes Dylan, qui venait pousser la chansonnette en 1970, et les plages sauvages et désertes de l'époque des hippies ?
Pour le côté rebelle, on le verra le lendemain sur les routes ou a la plage ... : énormes motos, tatouages, piercings, visages fermes, tigresses tatouées pilotant des Royal Enfield vrombissantes ... Ici on a définitivement tourné la page du flower power. Anjuna est aujourd'hui le rendez vous des adeptes de la transe et de la techno. La plage et ses paillotes, des stands tout le long des rues de vêtements néo babas plus ou moins réussis, des vendeuses qui nous harcèlent sur la plage toutes les cinq minutes pour que nous allions voir leurs shops et surtout acheter - car "aujourd'hui ce n'est pas happy business "-, nous font fuir.
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Publié à 09:34 le 15/03/2007 dans E GOA |
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