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Nous allons aider au Volontariat au découpage de légumes. Tous les jours, 50 kg de légumes sont cuisinés, pour 700 repas servis aux enfants et aux personnes agés. Nous nous retrouvons tous les matins avec des femmes indiennes qui travaillent le plus souvent par terre. Beaucoup de choses se font par terre en Inde et pieds nus : manger, coudre, écrire, découper, éplucher, vendre, se prosterner et dormir. Les indiens qui viennent récupérer leurs enfants a midi a l'école les font manger par terre, sur le bord de la rue. Nous n'avons jamais été aussi près du sol ... Nous n'avons pas assimilé beaucoup de mots tamouls et ces femmes ne parlent pas anglais , mais nous nous contentons de leurs sourires, de leur attention, de leurs rires, du mouvement soyeux de leurs saris, des bruits de grelots accrochés a leurs chevilles, des odeurs de tout ce que nous touchons, épluchons, découpons ... : gingembre, coriandre, petits citrons jaunes et verts, ail, oignons, tomates, carottes, menthe, aubergines, choux chinois etc ...
Le week-end, nous partons animer des ateliers de travaux manuels auprès des enfants gitans qui vivent à la ferme. Autour de la ferme, bananeraies, rizières, élevages de poulets, vaches pour le lait, assurent la nourriture pour les habitants de la ferme et les enfants du volontariat a Pondichery. Les gitans sont plus rejetés dans la société indienne que les intouchables. Une cinquantaine d'enfants vivent la ... certains avec leurs parents , leur mère seule, d'autres orphelins . La plupart d' entre eux charrie des histoires de vie déjà dramatiques et sordides. Des rizières étalent leur fraîcheur verdâtre, nous pouvons les voir de notre chambre. On aperçoit au loin le toit de la place de la méditation ou les enfants reçoivent leur cours de yoga. J adore cet endroit, c'est une place circulaire, surmontée d'un toit conique fait de feuilles de cocotier tressées, ouverte à tous les vents ; au centre, une énorme vasque en cuivre, prête a recevoir des fleurs flottant sur l'eau; où que l'on se place, le regard se perd dans l'eau stagnante des rizières.
Les enfants sont curieux, bourrés d'énergie et rayonnantsCertains nous sollicitent énormément et en général tous au même moment en parlant bruyamment ou en se pendant a nos bras. .. ils capturent toute notre attention. Leurs mères attentives veillent a ce que nous manquions de rien, nous réservent les meilleurs morceaux a manger. Nous sommes génés; aucun enfant ne lorgnera notre assiette d'un air envieux ou ne viendra quémander un morceau de brioche avec du lait qui nous sont offerts a la fin du repas. Au lieu de ça, ce sont sourires, regards espiègles, curieux, caressants. Nous mangeons par terre, nos mains sont nos fourchettes. Le soir venu, les enfants pieds nus, regagnent leurs maisons que nous distinguons au-delà des rizières Elles sont éclairées par des néons accrochés en hauteur à de grosses tiges de bambou : c est l'éclairage public. Nous verrons souvent des petits villages ou des quartiers éclairés la nuit de cette façon . Pour cette nuit, Pondichery, les hurlements de klaxons et de chiens errants n' ont plus la vedette ... ici ce sont les grillons, les grenouilles et des oiseaux nocturnes qui peuplent notre chambre d'un langage apaisant.
Des 7h30, les enfants se retrouvent sur la place de la méditation ou les attend le professeur de yoga. Pendant ce temps, dans la cour de la ferme, les femmes commencent a préparer le feu en vue de cuisiner. Une heure après, elles actionnent la cloche. C est l'heure du petit déjeuner : du lait trait à quatre heures du matin et du pain. Se succéderont deux intervenants ; l'un en poterie et l autre en peinture. Les enfants vont se laver avant de manger. Nouveau tintement. La cloche rythme les heures du ventre. Je me rends compte aussi qu'elle aide les enfants a se structurer, a rendre les choses permanentes et rassurantes. Le repas n'est pas chez les indiens un repas de communion pendant lequel on discute et on traîne. Une fois la gamelle terminée, tout le monde retourne a ses fonctions. Après le repas de midi, c'est la sieste. Presque tous dorment jusqu' à 15 heures ... certaines femmes restent a laver leur linge sur les pierres. Après cette pause, nous intervenons pour une à deux heures. Nous travaillons par terre, autour de collages de papiers de magazines coupés en petits morceaux et de graines trouvées sous les buissons. Ces moments partages avec les enfants sont intenses, inoubliables ... |