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Devant le temple de Ganesh à Pondichéry, les boutiques d'offrandes ou d'objets dédiés à ce dieu, à Sri Aurobindo et à la Mère (les fondateurs d'Auroville) sont calmes. Le temple n'a pas encore ouvert ses portes. Des hommes en profitent pour faire une partie de carrom (le 'billard' indien). Vers 15h30, à la sortie des classes, les premiers fidèles se pressent aux portes du temple, achètent de la nourriture, des offrandes, en général des fleurs (jasmin et lotus), des noix de coco coupées en deux (la noix de coco représente la perfection ; la casser c'est accepter que la perfection n'est pas de ce monde), de même que la fumée noire des encens brûlés représente nos failles. Faire brûler un encens, c'est éloigner ces failles ou ces mauvaises pensées et se purifier. Les odeurs sont acres, aigres et douceâtres à la fois ; c'est un mélange de fleurs, d'encens, de camphre et d'offrandes en putréfaction.
Le temple est saturé de dorures ; sur les murs des fresques racontent l'histoire de Ganesh. Son apparence d'homme à tête d'éléphant s'explique par son histoire : son père Shiva étant parti pour un (très long) voyage, il ne reconnut pas à son retour son propre fils, qui se trouvait dans la chambre de sa femme, la belle Parvati. Croyant qu'elle se trouvait en compagnie d'un jeune homme et n'écoutant que son tempérament impétueux, il coupa la tête de son propre fils. Devant la demande de son épouse de le faire renaître, il ne put lui donner la tête que du premier être qu'il croiserait. Malheureusement ce fut un éléphant ... Cette apparence ne nuit pas en tout cas a la popularité de Ganesh, vénère par la quasi totalité des hindous (on retrouve son effigie dans les rickshaws, voitures, sur tous les calendriers, etc. ...).
Des musiciens (tambours, cloches et instruments à vent) annoncent des moments forts : ils correspondent à l'intervention du brahmane qui tend un plateau sur lequel brûle une flamme. Les fidèles approchent leurs mains de la flamme, prennent de la poudre blanche dans le creux de la main, et se dessinent sur le front des signes symbolisant le dieu qu'ils vénèrent. Ils donnent également leurs offrandes (qui peuvent être aussi de l'argent). Pendant ce temps l'éléphant, que l'on a vu se promener le matin même au milieu des voitures, maquillé et paré d'un collier de clochettes, bénit de sa trompe les fidèles a l'entrée du temple.
Ce jour là, nous assisterons à l'intérieur du temple à un concert de musique traditionnelle indienne avec la veena (instrument traditionnel ancêtre du sitar), concert donné par Ragunath Maneth (qui est aussi un danseur traditionnel indien très connu en Europe). Pendant le concert, les rituels sacrés continuent : parfois la musique du temple et celle du concert se superposent ... D'un oeil, j'observe de temps en temps ce qui se passe dans le temple. Je remarque que des hommes portent une idole qu'ils promènent. Des familles se prosternent.
On quitte l'endroit avant la fin du concert, encore incapables de supporter plus de deux heures de veena ... Dans la rue, nos pieds se prennent dans les peaux de citron jetées, finis écrasés sur les carrosseries ...
Dehors nous assisterons à la bénédiction d'une voiture : le brahmane promène sa flamme sacrée autour du véhicule et à l'intérieur, arrose la carrosserie de jus de citron. Un collier de fleurs accroché a la plaque d'immatriculation prolongera les pensées du brahmane.

Autre expérience un peu plus tard, et autre lieu : Chidambaram (photo ci dessus) et son grand temple dédié à Shiva. Il s'agit du temple le plus ancien d'Inde du sud, on dit que Shiva y aurait inauguré sa danse sacrée. A l'arrivée au temple, une grande effervescence nous entoure, on sent que c'est un lieu de culte important. En rentrant, outre l'immensité du site et la beauté des sculptures, nous serons surpris (et déçus il faut le dire) par le comportement des brahmanes, ces « gardiens du temple » qui vivent ici avec leur familles : ils déambulent ça et là et s'affairent autour des offrandes, mais on aura remarqué leur pagne, leur petit chignons et surtout leurs petits ventres bedonnants, leurs téléphones portables et l'insistance qu'ils mettent a nous demander de l'argent pour le temple . Bref cela donne une ambiance assez bizarre et un peu kitsh, loin de ce qu'on imaginait ... En revanche on ressent une véritable dévotion de la part des Indous qui viennent au temple.
Dans la soirée nous assisterons à un festival de danses de l'Inde (notamment bharata-natyam), festival renommé dans le pays (cf. album photos). Nous serons impressionnés par les couleurs sur scène et par le calme de ces milliers de personnes assises par terre dans le calme absolu pendant plusieurs heures ... |