Nous traînons nos pieds dans le quartier pauvre situé derrière le batîment du volontariat. Chaque maison, aussi pauvre soit elle, a son kolam dessiné à l'entrée en signe de bienvenue, peut etre a t-il aussi un role spirituel. Chaque matin, les femmes, obeissant à un ancien rituel, tracent sur la rue, a l'entrée de leur maison, en blanc, une figure a structure symétrique, comparable à un mandala. Elles changent tous les jours de modèle, la rue est réinventée sans cesse grace a l'imagination des femmes. La tradition voulait que les femmes apprennent l'art du calcul a leurs enfants a l'aide du tracé de ces figures. Les jours de fête, de gigantesques kolams sont tracés avec des couleurs magnifiques.
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Nous remontons les rues du quartier français endormi, les jardins prives débordent de bougainvilliers, de cocotiers et de frangipaniers. Le temple de Ganesh n'est pas loin d'un parc dans lequel bon nombre d'indiens aiment faire la sieste, des écoles s'y déplacent également pour l'après midi : des jeunes filles habillées de l'uniforme scolaire et coiffées toutes de la même façon (deux tresses relevées maintenues par des rubans bleus ou blancs) en profitent pour manger des sucreries. De bons copains se tiennent par la main, ou l'un passe son bras sur les épaules de l'autre. Ce parc pourrait être un petit éden, l'endroit idéal pour des rendez vous amoureux. Nous ne verrons aucun couple se donner la main ou avoir l'un pour l'autre un geste tendre et discret. La femme indienne, élégante dans son sari, est entourée par quelque 5 mètres de tissu qui dissimulent judicieusement ses formes. Seul un bout de ventre et de dos se laissent regarder. Une femme portée par son mari sur une moto s'assoit en amazone. sur la plage, elle reste habillée ou rentre dans l'eau avec son sari. Une femme non mariée n'a pas le droit de s'asseoir a cote d'un homme. La liste des habitudes prudes doit être encore longue. Rien a voir avec les fresques des temples dans lesquelles danseuses et divinités exhibent des seins énormes.
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Le hasard a voulu que nous tombions sur une manifestation. La police était la a encadrer, munis de matraques en bambou et coiffées du képi, un des derniers signes de la présence française a Pondichery. Les manifestants hommes, debout, scandent leurs revendications en tamoul alors que leurs femmes sont assises, indolentes, sur le trottoir et composent le long de la chaussee une guirlande de saris. Les femmes ne s'expriment pas, elles attendent leurs maris. Un peu plus loin, d'autres femmes sont assises, certaines avec leurs enfants dans les bras, une tristesse enveloppe les visages de ces familles qui attendent que l'hôpital municipal ouvre. En face, des hommes boivent du thé masala vendu dans la rue, un autre crache par terre (très courant en Inde).

Après minuit, les rues sont méconnaissables, elles paraissent plus larges ; avalent les passants, les vendeurs, et tous les deux roues gares. Des femmes, courbées, balayent ; certaines, un foulard sur le nez, brûlent des déchets. Les chiens se disputent les détritus ; on les entend se battre toute la nuit. Détritus et plastiques sont intimement mélés, il n'est pas rare que chiens, vaches et chèvres meurent d'en avoir trop ingères. Des familles pauvres dorment sur des bâches, par terre, au bord de la route. Nous dépassons ces formes de vie, endormies ; un peu plus loin, un homme au bord du canal fait ses besoins a la vue de tous. La promiscuité de cette vie collective, seule issue de survie en Inde, rend certaines choses, qui seraient choquantes en France, naturelles ici |