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Nous prenons l'avion à Madras pour traverser le pays d'est en ouest, soit environ 800 km; Madras, 6 millions d'habitants et un aéroport pas plus grand que celui de Toulouse mais à l'organisation beaucoup moins prévisible. Apres avoir cherché dans l'aéroport l'endroit ou l'on pouvait bien enregistrer pour Goa, après avoir demandée l'info à plusieurs indiens au risque d'arpenter l’aéroport dans tous les sens (car un indien qui n'a pas la réponse à votre question vous répond quand même quelque chose ... avec un peu de chance, c'est la bonne réponse !), après avoir fait la queue dans la bonne file qui quelques minutes plus tard verra sa destination changer, après avoir fait escale à Cochin au sud du pays (escale non connue au moment de l'achat du billet), après avoir attendu une heure dans l'avion à l'atterrissage (pas de place pour garer l'avion ...), nous avons enfin mis un pied sur le sol de Goa.
Sur la route qui nous conduit à Anjuna (à 50 km), nous avons l'impression d'avoir quitté l'Inde. Des voitures individuelles ont remplacé les scooters et vélos. Les maisons aux façades de couleurs vives ont des toits de tuiles ; rares sont celles qui ont des toits en terrasse comme à Pondichéry. Les échoppes ont des allures de panneaux publicitaires : plusieurs sont peintes en rouge ou en bleu, avec l'inscription Coca Cola ou Pepsi se détachant nettement, dominantes, avalant du regard des automobilistes les autres échoppes ternes. Peu de saris ... les femmes sont habillées à l'européenne ou de robes à motifs portées en France dans les années soixante. Le paysage verdoyant aux cocotiers impérialistes, la terre rouge, les routes ondulantes, la mer en horizon, la musique légèrement zoukee que nous passe le chauffeur, nous font penser aux Antilles. C'est dans une guesthouse d'Anjuna que nous rendrons compte que nous avons perdu en route la boule de cristal d'Auroville et que Ganesh est parti en fumée avec l'encens... Ici, on ne casse plus les noix de coco devant sa porte pour faire partir les mauvais esprits, mais on brûle les noix de coco pour chasser les 'mosquitos' ! Beaucoup moins spirituel ! Alors qu'on mange un petit bout, la sonnerie techno d'un portable nous sort de notre douce torpeur ; notre voisin de table répond ... Il est belge,et il parle fort. On ne peut pas faire ceux qui n'entendent pas et qui ne comprennent rien ... Aussi, nous reprenons fidèlement quelques mots pioches sur le vif, histoire de vous planter le décor ou son envers ... Il est DJ, option techno, il a encore passé sa nuit avec une russe ("les seules filles à peu près normales ... c'est vrai elles boivent mais bon ..."), pour le LSD et le vallium ça tourne à fond. Perplexes, on considère de tout autre oeil les deux grandes enceintes posées dans le jardin de la guesthouse..; on voit déjà nos nuits se compter en taux de décibels et de battements par minute ! Où sont passes Dylan, qui venait pousser la chansonnette en 1970, et les plages sauvages et désertes de l'époque des hippies ?
Pour le côté rebelle, on le verra le lendemain sur les routes ou a la plage ... : énormes motos, tatouages, piercings, visages fermes, tigresses tatouées pilotant des Royal Enfield vrombissantes ... Ici on a définitivement tourné la page du flower power. Anjuna est aujourd'hui le rendez vous des adeptes de la transe et de la techno. La plage et ses paillotes, des stands tout le long des rues de vêtements néo babas plus ou moins réussis, des vendeuses qui nous harcèlent sur la plage toutes les cinq minutes pour que nous allions voir leurs shops et surtout acheter - car "aujourd'hui ce n'est pas happy business "-, nous font fuir.
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