3 mois en Inde du Sud (fév/avril 07)
"S'il est un héritage dont l'Inde peut faire profiter le monde, c'est cet évangile de clémence et de confiance qui est l'un des plus beaux fleurons de notre pays" (GANDHI, La voie de la non-violence)


Accueil
Qui suis-je ?
Archives
Mes amis

Album photos

Rubriques

A POURQUOI CE VOYAGE
B PONDICHERY
C ETRANGE ETRANGER ...
D VOLONTARIAT EN INDE
E GOA
F HAMPI
G KERALA
H LES MONTAGNES DU SUD
I QUELQUES CONSEILS DE VOYAGE

Liens

Inde 2007
Cousins migrateurs


<%Map_All_Entries%>

CASTES ET TABOUS ...

    Nous sommes à la gare de Vasco de Gama à Goa et nous prenons le train très tôt le matin en destination de Hampi. Les quais de la gare sont déjà sortis de la nuit et ce sont voyageurs, mendiants et vendeurs ambulants qui se glissent dans notre nouvelle journée. De vieilles femmes se sont improvisés par terre leur petit marché et vendent dans de grands paniers ou sur des papiers journaux des fruits frais ou secs. Des verres de masala fument au dessous de yeux embués par le sommeil. Des hommes échevelés,assis par terre, les jambes ramassées contre leur maigre corps, sont comme sonnés par cette agitation naissante; ils ont manifestement passé la nuit là. Nous avons une bonne demie heure d'avance, j'en profite pour m'asseoir sur une murette et regarder s'étirer les groupes de voyageur. Mes yeux s'arrêtent sur une personne en particulier, je n'arrive pas a détacher mon regard car un détail dans sa physionomie est différent ...ce sont ses cheveux portés courts, légèrement ondulants, sur un sari classique. Autre chose de résolument moderne retient mon attention ; c'est son indépendance de femme indienne qui se détache des groupes, des familles ou des couples sur le quai. Sa démarche solitaire est souple et légère et lorsqu'elle arrive à ma hauteur, je réalise que c'est un jeune homme aux traits fins et gracieux. Derrière ses gestes féminins, une inquiétude contenue trouble son regard. Personne, en apparence, ne la remarque. Elle s'avance jusqu'au compartiment troisième classe qui est déjà bondé, une petite valise se balance à son bras. Elle s'arrête hésitante et rebrousse chemin.


    Nous sommes à Goa, ne l'oublions pas, ailleurs je ne sais pas quel est le niveau de tolérance du régime hindou pour des gens qui ne correspondent pas à la norme, il est sûrement très bas surtout pour tout ce qui a trait au plaisir charnel, tabou en Inde. Quand on sait que les défilés de mode occidentaux sur les chaînes indiennes ont manqué être censures par le régime hindouiste, la vue des mannequins déhanchés suffisant a faire fantasmer les hommes ...


    La société indienne est hiérarchisée en castes ou varnas, la plus élevée étant celle des Brahmanes (caste des lettres et des prêtres).Certains indiens n'ont pas de castes comme les intouchables et les filles de joie, autant dire qu'ils n'existent pas ! L'appartenance à une caste détermine toutes les relations sociales futures : il n'y a qu'a lire les petites annonces matrimoniales dans le journal déposés par la famille du garçon pour se faire une idée. Dans celles ci, l'homme présente sa situation financière et professionnelle et exige une épouse mesurant x cm minimum et appartenant à telle caste.


    Pour aller plus loin, lire "Dans la peau d'un intouchable" de Marc Boulet, Édition du Seuil, qui témoigne de toutes les violences que subissent les intouchables des policiers et des puissants.


Publié à 08:08 le 28/03/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ...
Ajouter un commentaire

dans la peau d'un intouchable

je suis désolée mais ce n'est pas le livre que je recommanderais pour avoir une bonne approche de l'Inde et encore moins des intouchables ... on ne peut aborder ce "problème" avec nos réactions d'occidentaux plus ou moins nantis. et il est des intouchables riches maintenant plus que certains brahmanes. ce n'est pas réduit à la misère si je puis dire. c'est un état, on nait ainsi on ne le devient pas. par contre on peut devenir misérable quelle que soit sa caste. j'ai rencontré bien des gens en Inde et certains m'ont beaucoup apporté. depuis 1990 j'y reviens toujours et c'est un pays qui compte énormément pour moi.
par ailleurs, j'aime beaucoup votre propre approche, votre façon d'en parler. je connais aussi volontariat et Pondy
pour la littérature, il y a maintenant beaucoup d'auteurs indiens ou de souche indienne (traduits en français) et bon nombre de ces livres aident à découvrir la vie en Inde, les rituels, les différences. IL ne faut pas juger, il faut s'approcher, écouter, regarder et accepter leur différence.
ne prenez pas ces quelques lignes comme une critique j'essaie simplement d'exprimer là mon profond respect pour un peuple qui a su se sortir d'un joug accablant
mais je suis trop bavarde .... au plaisir de vous lire encore
25.12.2007

Publié par paco à 01:31, 26/12/2007

Lien
Page précédente
Page 14 sur 39