3 mois en Inde du Sud (fév/avril 07)
"S'il est un héritage dont l'Inde peut faire profiter le monde, c'est cet évangile de clémence et de confiance qui est l'un des plus beaux fleurons de notre pays" (GANDHI, La voie de la non-violence)


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AU BORD DES BACKWATERS ... (31 mars / 4 avril)


 (voir album photos Kerala ...)


    ALLEPEY ... un de ces noms agréables à prononcer qui laisse dans le palais une saveur douce. Du bus qui traverse la ville, on aperçoit des canaux verdâtres et ombragés sur lesquels beaucoup de houseboats longent les rives ; des jacinthes d'eau reconnaissables à leurs feuilles grasses et ventrues encerclent les bateaux qui sont immobiles depuis un certain temps. Après le bus, nous prenons un rickshaw qui nous conduit à un village situe au bord d'un lac et traversé par de nombreux canaux. Des femmes attendent sur la rive qu'une barque passe afin de les conduire au prochain village, ou à Allepey. Les couleurs de leurs saris troublent la surface de l'eau sombre.

 

    Nous louons une petite hutte faite de feuilles de bambous et de cocotiers tressées, juste au bord de l'eau. Notre chambre aux parois si légères invite tous les sons familiers des canaux ... le choc du bois de la rame sur la coque, le clapotis de l'eau, la tige de bambou qui racle le fond, les appels des vendeurs de poisson, le ronronnement des moteurs des houseboats, le plongeon des cormorans, le claquement du linge mouillé que l'on frappe sur les pierres, le croassement lamentable des corbeaux ... Sur les canaux glissent des morceaux de vie . Il y a les barques au bois sombre, chargées de sable, que les hommes vont puiser au fond des canaux, ou de grosses pierres grises et de briques d'argile rouge. Ces barques là sont tellement lourdes qu'elles s'enfoncent dangereusement dans l'eau au point que l'on n'en aperçoit plus la coque. D'autres, conduites souvent par des femmes, débordent d'herbes fraîchement coupées et destinées aux vaches et aux chèvres. Et puis il y a le chargement de noix de coco ou de feuilles de cocotiers. De la chair du fruit (la copra) on retire de l'huile, et de la coque des fibres (coir) que les femmes filent à l'aide de rouets afin d'en faire de la corde, Le coir sert également à la confection de tapis qui dessinent dans les cours des temples des chemins sur lesquels on pose nos pieds nus afin de les épargner de la chaleur cuisante des parterres dallés sous le soleil.


    Un vieux pêcheur nous propose une ballade dans sa barque ... Au large du lac, on observe toutes sortes de pêches. Un homme depuis son embarcation laisse couler dans l'eau un fil sur lequel sont accrochées à intervalles réguliers des bandes de plastique. Deux hommes dans l'eau plongent et saisissent à la main les poissons attirés par le plastique brillant et hypnotisant .. Une communauté de gypsies du Karnataka, installée a l'écart du village, pêche au filet dans des embarcations rondes posées sur l'eau comme des soucoupes à l'envers qui flottent, glissent et tournent sur elles mêmes. Une petite embarcation à voile nous dépasse ... elle accroche la lumière et à bien y regarder, sa voile est faite d'un patchwork de sacs de riz cousus ensemble et bombés désormais par la brise. Près des rives, un homme plonge et remonte dans sa barque des poignées de moules et de coquillages. Une fois mangés, les coquilles sont broyées et utilisées dans la maçonnerie afin de réaliser, mélangés a des pigments colorés et de la chaux, des effets de tadelakt. Les sols des maisons, les murs des salles de bains sont recouverts de ce mélange que l'on cire après séchage.  Des cormorans se perdent au fond des eaux pour réapparaître plus loin, petits corps noirs perdus au milieu des jacinthes d'eau. Tous les matins, on en aperçoit un, en face de notre maison, posé au milieu du canal sur un pieu dépassant de l'eau, les ailes écartées, immobile, attendant du soleil qu'il sèche et lisse ses plumes. C'est tous les jours notre première vision matinale .. un oiseau de jais dépassant d'un parterre de jacinthes d'eau opaque.

 

    Dans le village, les écoliers commencent a savourer leurs premiers jours de grandes vacances (avril/mai), Des garçons armés de frondes font tomber des noix de cajou haut perchées, repérables a leurs fruits rouges accrochés à la coquille comme une verrue. Notre vieux pêcheur nous apprendra a reconnaître les jack fruits - des fruits allongés, à la carapace verte et épaisse comparable à celle d'un reptile -, les noix de muscade, les papayers, les manguiers et les poivriers qui s'enroulent autour d'un tronc sans étouffer l'arbre.


    Pour certains villages des backwaters, la gestion de l'eau potable est difficile et le gouvernement du Kerala vient de signer un accord avec le Japon qui accordera un prêt important pour aider cet État a développer son réseau d'eau potable. Pour l'instant, le gouvernement fait distribuer ici de l'eau deux fois par semaine ...

 


Publié à 10:08 le 8/04/2007 dans G KERALA
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merci pour ce beau recit de ce beau voyage

nous avons un projet voyage moi et mon ami et ton recit sur ton voyage ma permis de prendre not sur certain conseille merci

Publié par lotus à 11:39, 28/12/2007

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