3 mois en Inde du Sud (fév/avril 07)
"S'il est un héritage dont l'Inde peut faire profiter le monde, c'est cet évangile de clémence et de confiance qui est l'un des plus beaux fleurons de notre pays" (GANDHI, La voie de la non-violence)


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VARKALA ... LA FALAISE APPRIVOISEE (5 / 9 avril)

    Depuis Allepey, nous prenons un bateau vers Quilon et de là un bus nous conduit à Varkala. La traversée en bateau (80 km sur les backwaters) prendra 8 heures. Des villageois sur les rives, des pêcheurs agitent leur bras au passage du bateau. Des enfants le suivent en courant et en criant. Au passage d'une écluse, des pêcheurs lancent des filets ronds cerclés de franges métalliques, qui se posent sur la surface de l'eau comme des robes de danseuse déployées et s'enfoncent lentement dans l'eau.


    Au large, des dizaines de filets chinois abandonnés, tendent leurs armatures grises de bois pourrissant vers le ciel, les filets déchirés pendent tristement. Leur dernière gloire est de servir de perchoir de luxe aux aigrettes et aux cormorans.

 

    Nous arrivons à Varkala, la nuit est déjà tombée, nous ne verrons rien ce soir là du bord de mer. En revanche les grillons, ces aiguiseurs nocturnes, remplissent notre nouvelle chambre de leurs sons tranchants, rabaissant même l'océan tapageur en un faible murmure.


    Il y a seulement trois ans, Varkala était parait il assez peu touristique et donc sûrement plus sauvage. Qu'est ce qui a fait son récent succès ? Une belle plage protégée par une falaise de rochers rouges, falaise sur laquelle s'agglutinent  désormais boutiques, restaurants et guesthouses, bâtiments serrés et légers, souvent élaborés avec peu de choses, un petit village artificiel de boites d'allumettes. Nous sommes en basse saison, les températures de l'après midi sont élevées, la mer est haute et grignote les plages au nord et au sud. Les commerçants de la falaise sont légèrement désoeuvrés ; ceux qui viennent du Cachemire préparent leur retour dans leurs contrées d'origine, pour ne revenir qu'en août/septembre lorsque le tourisme redémarre ...

 

    Sur les plages du nord de la falaise, les pêcheurs s' activent tous les jours sauf le vendredi pour leurs deux pêches matinales. Une lourde embarcation largue à 200 ou 300 mètres du bord un filet qui sera tiré à la corde par des hommes restés sur la plage. Du monticule de pierres sur lequel nous sommes, on aperçoit les deux cordes remontées et tanguées à la surface et retenues sur la plage par deux équipes d'hommes, attentifs aux signes de rame d'un autre homme dressé sur son radeau et posté a la hauteur du filet.


    Brusquement, les pêcheurs se mettent ensemble à tirer la corde et a s'encourager en chantant. Les derniers prennent la place des premiers ; enfants et vieillards se joignent à cette chaîne humaine qui se tord et fait courir ses mains le long de la corde rêche. Lorsque le filet arrive au bord, dans un mouvement désassemblé, des pêcheurs soulèvent les poissons d'argent. Certains chancellent sous la force des vagues. Le filet est porté et traîné sur la plage ; les hommes l'ouvrent à moitié, le retiennent par les bords, attendant que leurs captifs ne sautent plus.

    D'où nous sommes, on peut voir arriver les pêcheurs chargés de cagettes, des mamies s'animer et des enfants attendre autour de ce butin vomi par l'océan. La distribution commence : des pêcheurs à grande brassée ramènent les poissons vers eux et en remplissent des bacs en plastique. D'autres les trient, en jettent aux enfants en leur lâchant des mots secs et tendus ; les jeunes garçons en remplissent précipitamment leur dhoti remonté aux genoux. Une mamie assise attend sa ration quotidienne qu'elle enferme dans une poche plastique puis, de son pas lent, sa frêle silhouette courbée tourne le dos à la foule concentrée et à leurs cris et prend la direction du village. Des hommes s'occupent des cordages qu'íls étalent minutieusement au soleil avant de les enrouler pour la pêche du lendemain ...


Publié à 10:12 le 8/04/2007 dans G KERALA
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avez-vous rencontré nicolas et caroline

Merci de nous faire partager ces belles photos.
Nous pensons que vous avez rencontré nos enfants, Nicolas et Caroline.
Quel merveilleux voyage.
Bonne continuation.

Publié par béatrice et jean-marie à 02:02, 16/04/2007

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