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LE GOUDRONNAGE DES ROUTES EN INDE, ARTICLE ECRIT PAR TRISTAN le 6/04/07 ..
Dans le Kerala, au sud-ouest de l'Inde, je suis
tombé sur des travaux qui consistent qui consistent à
goudronner une ancienne piste qui amène au village où
nous logeons.
Tout d'abord des triporteurs vont chercher des
cailloux goudronnés à quelques mètres des
travaux, d'autres des bidons métalliques contenant du goudron
liquide. A Pondichéry, ce n'étaient pas des triporteurs
mais des charrettes tirées par des boeufs aux cornes peintes
(certaines en bleu, blanc et rouge ..!) Des hommes sur place munis de
pelles prennent les cailloux goudronnés et les étalent
sur l'ancienne route sablée. D'autres versent le goudron
liquide chaud contenu dans les bidons sur le sol caillouteux déjà
chaud.
Je les regarde et je remarque que tous ces gens
n'ont pas de gants et que la plupart sont en tongs. Certains se
protègent le visage avec un foulard car les odeurs sont très
fortes. A Pondichéry, j'ai vu des femmes se confectionner des
gants avec du papier journal.
Nous les questionnons et ils nous disent que si le
goudron liquide leur touche les mains, ils les nettoient avec du
pétrole.
Après que tout cela soit fait, alors des
femmes pliées en deux passent derrière eux munies de
balais en paille de riz et éparpillent le mélange.
Alors un rouleau compresseur passe sur ces cailloux mélangés
au liquide noir et d'autres femmes suivent l'engin en versant de
l'eau sur les rouleaux.
Les femmes travaillent autant et aussi dur que les
hommes dans le bâtiment. L'Inde n'est vraiment pas modernisée.
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Publié à 09:48 le 15/04/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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Les dosas (ou dhosais) sont des crêpes fabriquées à partir de farines de lentilles et de riz que les indiens mangent au petit déjeuner et que l'on farcit de légumes pimentés, servis avec un curry de légumes (appelé ici sambar).
Dans le Kerala, on nous les a servies avec une préparation supplémentaire : le chatni qui est un bouillon de noix de coco relevé de piments, de feuilles de curry, et de graines de pavot.La boisson qui accompagne les Indiens le matin et toute la journée est le tchai, du thé (masala tea) bouilli dans du lait avec du sucre, de la cardamone, du gingembre, des clous de girofle, de la noix de muscade et de la cannelle. On peut trouver, à la place des dosai, des pooris qui sont des galettes de naan (pains indiens) fries dans le wok et gonflées comme des petits ballons. On les mange comme les dosai trempées dans un curry de légumes.
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Publié à 06:10 le 3/04/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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Nous sommes à la gare de Vasco de Gama à
Goa et nous prenons le train très tôt le matin en
destination de Hampi. Les quais de la gare sont déjà
sortis de la nuit et ce sont voyageurs, mendiants et vendeurs
ambulants qui se glissent dans notre nouvelle journée. De
vieilles femmes se sont improvisés par terre leur petit marché
et vendent dans de grands paniers ou sur des papiers journaux des
fruits frais ou secs. Des verres de masala fument au dessous de yeux
embués par le sommeil. Des hommes échevelés,assis
par terre, les jambes ramassées contre leur maigre corps, sont
comme sonnés par cette agitation naissante; ils ont
manifestement passé la nuit là. Nous avons une bonne
demie heure d'avance, j'en profite pour m'asseoir sur une murette et
regarder s'étirer les groupes de voyageur. Mes yeux s'arrêtent
sur une personne en particulier, je n'arrive pas a détacher
mon regard car un détail dans sa physionomie est différent
...ce sont ses cheveux portés courts, légèrement
ondulants, sur un sari classique. Autre chose de résolument
moderne retient mon attention ; c'est son indépendance de
femme indienne qui se détache des groupes, des familles ou des
couples sur le quai. Sa démarche solitaire est souple et
légère et lorsqu'elle arrive à ma hauteur, je
réalise que c'est un jeune homme aux traits fins et
gracieux. Derrière ses gestes féminins, une
inquiétude contenue trouble son regard. Personne, en
apparence, ne la remarque. Elle s'avance jusqu'au compartiment
troisième classe qui est déjà bondé, une
petite valise se balance à son bras. Elle s'arrête
hésitante et rebrousse chemin.
Nous sommes à Goa, ne l'oublions pas, ailleurs je ne
sais pas quel est le niveau de tolérance du régime
hindou pour des gens qui ne correspondent pas à la norme, il
est sûrement très bas surtout pour tout ce qui a trait
au plaisir charnel, tabou en Inde. Quand on sait que les
défilés de mode occidentaux sur les chaînes
indiennes ont manqué être censures par le régime
hindouiste, la vue des mannequins déhanchés suffisant a
faire fantasmer les hommes ...
La société indienne est hiérarchisée
en castes ou varnas, la plus élevée étant celle
des Brahmanes (caste des lettres et des prêtres).Certains
indiens n'ont pas de castes comme les intouchables et les filles de
joie, autant dire qu'ils n'existent pas ! L'appartenance à une
caste détermine toutes les relations sociales futures : il n'y
a qu'a lire les petites annonces matrimoniales dans le journal
déposés par la famille du garçon pour se faire
une idée. Dans celles ci, l'homme présente sa situation
financière et professionnelle et exige une épouse
mesurant x cm minimum et appartenant à telle caste.
Pour aller plus loin, lire "Dans la peau
d'un intouchable" de Marc Boulet, Édition du Seuil,
qui témoigne de toutes les violences que subissent les
intouchables des policiers et des puissants.
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Publié à 08:08 le 28/03/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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Peu de viande dans les plats d'Inde du Sud, beaucoup de riz et de légumes extrêmement relevés. On mange beaucoup avec les mains, ce qui nous laisse les doigts jaunes de curry, et des odeurs d'épices pour toute la journée ...
Les mélanges d'épices sont appelés masala, on y trouve : le gingembre, les clous de girofle, la cannelle, la cardamone, le coriandre, le cumin, le poivre, les graines de pavot, l'ail, les feuilles de curry et de laurier. Les épices sont toujours frits dans du ghee (beurre clarifié), afin d'en libérer tous les arômes. On accompagne souvent notre riz de pain indien appelé chapati ou roti (mélange de farine et d'eau cuit sur une plaque).
Pour 50 roupies (un euro), on trouve un plat typique de la cuisine du sud de l'Inde, qu'on aime beaucoup : le thali. Il est servi dans une assiette large en inox, tapisse d'une feuille de bananier. Dans l'assiette, des petits bols (des katoris) contiennent différents currys de légumes On y trouve aussi un ou deux papadams et chapati. Le tout est accompagne d'un bol de yaourt (ou curd) qui adoucit l'effet des épices dans le gosier. On nous sert du riz a volonté que l'on mélange comme l'on veut au contenu des katoris, du raitha (légumes crus, surtout concombres, mélangés a du yaourt, l'équivalent du tzatziki grec) et du chutney (mélange sucré et épicé de légumes). On mange le tout à la main .. au début c'est pas évident, mais quand on a bien faim, on trouve vite la technique.
Et pour finir le repas, une banane et une feuille de bétel a mâcher (feuilles contenant des épices, pliés et fermés par un clou de girofle, qui faciliterait la digestion ...)
Pour les boissons, c'est le paradis des jus de fruits frais (en ce moment, c'est oranges, mandarines, citrons, ananas, papaye et banane), et puis il y a le ninbu pani (un jus de citron vert coupé avec de l'eau) qu'on adore (en plus il parait qu'en boire évite d'attraper la tuberculose ...). Les lassis (boissons à base de yaourts sucrés nature ou parfumés aux fruits de saison) et le masala tea (thé aux épices et au lait) ont remplacé notre dose quotidienne de chocolat. Pas d'alcool, juste quelques bières sympas comme la Kingfisher, dans certains restos. C'est pas ici qu'on attrapera la gueule de bois ...
Et les desserts ??? Des carrés, des losanges de toutes les couleurs, à base de riz et de noix de coco, très sucrés. Il existe aussi une glace indienne, le kulfi, recouverte de pistaches. Chez Pichaya, nous avons mangé plusieurs desserts populaires : les rashgullas, petites boulettes de fromage frais très sucrées et parfumées à l'eau de rose, des jalebis, tortillons orange baignant dans un sirop, parfumés au safran, à l'eau de rose et à la cardamone ... On n'en mange pas des quantités énormes car c'est très sucré, mais on ne va quand même pas se contenter de les regarder derrière les vitres des comptoirs qui débordent sur les rues ...!
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Publié à 12:22 le 26/02/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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Devant le temple de Ganesh à Pondichéry, les boutiques d'offrandes ou d'objets dédiés à ce dieu, à Sri Aurobindo et à la Mère (les fondateurs d'Auroville) sont calmes. Le temple n'a pas encore ouvert ses portes. Des hommes en profitent pour faire une partie de carrom (le 'billard' indien). Vers 15h30, à la sortie des classes, les premiers fidèles se pressent aux portes du temple, achètent de la nourriture, des offrandes, en général des fleurs (jasmin et lotus), des noix de coco coupées en deux (la noix de coco représente la perfection ; la casser c'est accepter que la perfection n'est pas de ce monde), de même que la fumée noire des encens brûlés représente nos failles. Faire brûler un encens, c'est éloigner ces failles ou ces mauvaises pensées et se purifier. Les odeurs sont acres, aigres et douceâtres à la fois ; c'est un mélange de fleurs, d'encens, de camphre et d'offrandes en putréfaction.
Le temple est saturé de dorures ; sur les murs des fresques racontent l'histoire de Ganesh. Son apparence d'homme à tête d'éléphant s'explique par son histoire : son père Shiva étant parti pour un (très long) voyage, il ne reconnut pas à son retour son propre fils, qui se trouvait dans la chambre de sa femme, la belle Parvati. Croyant qu'elle se trouvait en compagnie d'un jeune homme et n'écoutant que son tempérament impétueux, il coupa la tête de son propre fils. Devant la demande de son épouse de le faire renaître, il ne put lui donner la tête que du premier être qu'il croiserait. Malheureusement ce fut un éléphant ... Cette apparence ne nuit pas en tout cas a la popularité de Ganesh, vénère par la quasi totalité des hindous (on retrouve son effigie dans les rickshaws, voitures, sur tous les calendriers, etc. ...).
Des musiciens (tambours, cloches et instruments à vent) annoncent des moments forts : ils correspondent à l'intervention du brahmane qui tend un plateau sur lequel brûle une flamme. Les fidèles approchent leurs mains de la flamme, prennent de la poudre blanche dans le creux de la main, et se dessinent sur le front des signes symbolisant le dieu qu'ils vénèrent. Ils donnent également leurs offrandes (qui peuvent être aussi de l'argent). Pendant ce temps l'éléphant, que l'on a vu se promener le matin même au milieu des voitures, maquillé et paré d'un collier de clochettes, bénit de sa trompe les fidèles a l'entrée du temple.
Ce jour là, nous assisterons à l'intérieur du temple à un concert de musique traditionnelle indienne avec la veena (instrument traditionnel ancêtre du sitar), concert donné par Ragunath Maneth (qui est aussi un danseur traditionnel indien très connu en Europe). Pendant le concert, les rituels sacrés continuent : parfois la musique du temple et celle du concert se superposent ... D'un oeil, j'observe de temps en temps ce qui se passe dans le temple. Je remarque que des hommes portent une idole qu'ils promènent. Des familles se prosternent.
On quitte l'endroit avant la fin du concert, encore incapables de supporter plus de deux heures de veena ... Dans la rue, nos pieds se prennent dans les peaux de citron jetées, finis écrasés sur les carrosseries ...
Dehors nous assisterons à la bénédiction d'une voiture : le brahmane promène sa flamme sacrée autour du véhicule et à l'intérieur, arrose la carrosserie de jus de citron. Un collier de fleurs accroché a la plaque d'immatriculation prolongera les pensées du brahmane.

Autre expérience un peu plus tard, et autre lieu : Chidambaram (photo ci dessus) et son grand temple dédié à Shiva. Il s'agit du temple le plus ancien d'Inde du sud, on dit que Shiva y aurait inauguré sa danse sacrée. A l'arrivée au temple, une grande effervescence nous entoure, on sent que c'est un lieu de culte important. En rentrant, outre l'immensité du site et la beauté des sculptures, nous serons surpris (et déçus il faut le dire) par le comportement des brahmanes, ces « gardiens du temple » qui vivent ici avec leur familles : ils déambulent ça et là et s'affairent autour des offrandes, mais on aura remarqué leur pagne, leur petit chignons et surtout leurs petits ventres bedonnants, leurs téléphones portables et l'insistance qu'ils mettent a nous demander de l'argent pour le temple . Bref cela donne une ambiance assez bizarre et un peu kitsh, loin de ce qu'on imaginait ... En revanche on ressent une véritable dévotion de la part des Indous qui viennent au temple.
Dans la soirée nous assisterons à un festival de danses de l'Inde (notamment bharata-natyam), festival renommé dans le pays (cf. album photos). Nous serons impressionnés par les couleurs sur scène et par le calme de ces milliers de personnes assises par terre dans le calme absolu pendant plusieurs heures ...
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Publié à 10:09 le 21/02/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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Si vous venez dans ce pays, vous ne pourrez pas la rater.
Souvent de couleur blanche, elle semble tout droit sortie de l’époque coloniale britannique. Pour moi, l' Ambassador, puisque c'est elle, a une charme fou et la conduire me donne l'impression de jouer dans un film, de changer d’époque. Sans l'avoir prévu, j'ai du en conduire une ancienne, pour dépanner le propriétaire de la guesthouse ou nous sommes, celui-ci avait le bras dans le plâtre ...Nous allons passer l'après midi à la mer, près de Pondichery, dans un village de pêcheurs appelé Chinna Veera Pattinam. Je dis a Pichaya que je vais essayer de la conduire, sachant que conduire dans ce pays, pour un européen, relève de l'inconscience ou d'un état suicidaire avancé ... De toute façon, Ganesh nous protége !
Volant à droite et conduite en principe à gauche, banquette à l'avant comme à l'arrière, pas de ceinture, certaines Ambassador sont capitonnées et offrent un bel intérieur ... On démarre (il faut laisser le contact tourné pendant une minute) ; je demande ou sont les clignotants : Pichaya ne sait pas, de toute façon, il s'en fout, ce n'est jamais lui qui conduit ! Il n'est pas fou !!! Les rétroviseurs sont repliés vers intérieur et ne serviront a rien. Je me lance quand même, moyennement rassuré ... dans le trafic routier indien : chaussées déformées, fréquemment regoudronnées, la route est vivante : des femmes, des enfants, des vaches, des chèvres, des rickshaws, des charrettes tirées par des buffles aux cornes peintes, du riz, du foin ... (eh oui, la route en campagne sert d'aire de battage du riz) La conduite à gauche n'est qu'un principe très général. La règle principale est plutôt : je passe quand je veux. Pour aider, il y a Ganesh, bien sur, mais surtout le klaxon ! On klaxonne, on double sans bien sur avoir regardé s’il y avait quelqu'un en face, et là en principe ça passe, mais quelquefois ça se joue a quelques centimètres ... D'ou l'intérêt de replier ses rétros sinon ça casse ...
Finalement, on arrivera à bon port et le retour se fera lui aussi sans problème. Mais je ne tenterai pas l'expérience en ville : je crois qu'on optera plutôt pour le scooter ..!
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Publié à 07:12 le 14/02/2007 dans C ETRANGE ETRANGER ... |
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