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(plantation de cardamone)
Après Varkala, nous décidons de
changer d'itinéraire et d'éviter la route de
Kanyakumari (pointe sud de l'Inde) et de Madurai, car la chaleur de
l'été ici se fait pressante, voire oppressante ...
Les sommets de sud de l'Inde se situent entre 1000m
et 2600m d'altitude et la température en avril / mai est
idéale ... : on rejoint donc la région de Periyar
, le village de KUMILY.
Le train qui nous conduit vers Kottayam est bondé
: c'est une ligne importante qui part de la pointe sud du pays
(Kanyakumari) et remonte jusqu'à Bombay. Train populaire donc,
où les européens sont rares, et où les Indiens
s'installent pour de longues heures "comme à la maison",
souvent en famille et emportant avec eux de lourds colis, des cartons
soigneusement ficelés que l'on place là ou l'on peut
... Cela nous fait beaucoup penser à l' Amérique latine
où, les voitures personnelles étant très rares
comme ici, les transports en commun sont vraiment utilisés et
chaque déplacement est optimisé ..
Un bus nous conduit ensuite de Kottayam, où
nous quittons la côte, vers Kumily : la route devient sinueuse,
l'air plus frais et l'on commence a apercevoir au bord de la route
des arbres à latex, du poivre puis des plantations de thé
..., que nous retrouverons un peu plus tard à Munnar. Kumily
est situé tout près de la réserve d'animaux de
Periyar, appelée avec fierté ici " Periyar Tiger
Réserve" .. Dans la pratique, il y a effectivement des
animaux, mais ceux qui ont vu le tigre sont - très - rares ...
Des l'arrivée à la gare routière du village, les
visiteurs sont happés par des rabatteurs, de mèche avec
des chauffeurs de rickshaw . Ils se présentent comme des
guides et sont payés par différentes sociétés
ou hôtels pour organiser toutes sortes de visites, notamment
des trekkings ou 'jungle safaris' (des sorties en jeep autour de la
réserve). On est très loin cependant d'un tourisme
comme on l'imagine à l'européenne : l'accueil au bureau
des gardes forestiers de la réserve est plus que sommaire, les
brochures et explications aussi ... Kumily (comme son village voisin
Thekady) est resté une petite ville bien indienne, avec ses
échoppes de vendeurs, tailleurs et blanchisseurs, et sa vie
tranquille.
Les chambres d'hôtes commencent à se
développer dans les environs ; celle où nous passons
quelques jours est tenue par Claus, un allemand venu en Inde dans
les années 70 et marié à une Indienne.
L'ambiance est sympa et le lieu, connu maintenant depuis de
nombreuses années, se prête aux rencontres entre
voyageurs de toutes sortes. Nous rencontrons un Belge, parti
depuis 3 ans et demi maintenant, et qui voyage en Inde et dans le sud
est asiatique avec sa moto, une Royal Enfield achetée ici. Il
nous avoue qu'il est plus facile pour lui de vivre ici presque sans
travailler, que de retourner dans son pays où la vie est
devenue très chère .. et l'immobilier inaccessible. Il
connaît très bien cette région du monde, nous
parle des régions de l'Himalaya, et des rencontres de voyage
qui l'ont marquées, notamment celle qu'il a faite avec un
Italien qui voyage depuis environ 30 ans ...
D'autres européens se sont installés
ici. Nous visitons sur les hauteurs de Kumily la ferme bio de Bruno,
un Lyonnais marié aussi a une Indienne et installé
depuis 16 ans maintenant dans ce cadre magnifique au milieu de ses
plantations de café et de poivre .. La région est très
connue pour ses épices : les conditions d'altitude et de
climat permettent la production de cardamone, de poivre, mais aussi
de café.
Nous passons devant une coopérative de
cardamone, ou les femmes passent cette épice dans des tamis de
différentes tailles pour les 'conditionner', les plus gros
étant les plus recherchés. On dit que cette épice,
très utilisée ici, a entre autres vertus celle de faire
maigrir !

Après ces quelques jours on prend la route
de KODAIKANAL, située plus haut autour de
2000m d'altitude, la route qui nous y conduit traverse une région
très agricole, où dominent les cocotiers, dont le lait
et l'huile sont très utilises dans la cuisine du Kerala. On
trouve aussi des vignes, qui produisent le raisin de table que l'on
retrouve dans beaucoup de boutiques de rue. Quant aux vins, on n'en a
pas bu depuis notre départ, mais l'Inde commence à en
produire dans la région de Bangalore.. La route de montagne
qui conduit à Kodaikanal est superbe, le paysage est dominé
sur les hauteurs par les forets d'eucalyptus.
La petite ville elle même est sans charme
particulier, mais elle domine un joli lac et elle est surtout la
destination favorite des Indiens (pour l'infime minorité qui
peuvent partir en vacances) dans les mois d'été d'avril
et mai. On s'en aperçoit très vite en arrivant, ce
week-end là est en plus un week-end particulier de vacances
indiennes .. Ceux là font des ballades en pédalo, ou
dégustent des glaces au bord du lac .., bref des vacances "à
l'européenne". C'est une région de circuits de
trekking, mais les Indiens ne font pas de randonnée : ils
remplissent en général, à une dizaine de
personnes, un gros 4x4 et font du "sight seeing", c'est à
dire se déplacent en voiture sur les points de vue les plus
connus ..
Dans l'hôtel que nous prenons, nous sommes
les seuls européens ; c'est un véritable hôtel à
l'indienne, avec confort modeste, vue sur la montagne .. et sur
les déchets que l'on y jette sans scrupules, ce qui défigure
pas mal les environs. Les Indiens en vacances occupent le hall commun
de l'hôtel comme à la maison, s'installent portes
ouvertes dès 6h du matin et font leurs gargarismes et leur
rots sonores, assis sur leurs lits devant les chaines tv du
satellite et le son à fond ... Comme dirait un
patron d'hôtel ici, observant ce qui distingue européens
et indiens, il y a deux choses essentielles qui les différencient :
"privacy" (le souhait de préserver une vie privée)
et "confort"..., choses futiles pour la plupart des
Indiens.
A Kodaikanal, ou l'on produit aussi du chocolat
..., quelques lieux écolo se développent : une boutique
bio et un resto délicieux , la "German Bakery", crée
par un Allemand dans les années 70 (il en existe un autre à
Goa) et qui a développé dans le nord de l'Inde près
de l'Himalaya une ferme écologique où il produit blé
et céréales notamment .

Finalement on prend goût à la
température de la montagne, et avant de retourner à
Pondichéry, on décide de partir pour MUNNAR,
pas très loin de là dans le Kerala.
L'arrivée à Munnar est tout simplement
magique, les plantations de thé recouvrent comme un tapis vert
la montagne, offrant des points de vue sublimes ; la route surplombe
des lacs et traverse aussi des forets d'eucalyptus et des plantations
de cardamone ..
Munnar est un des principaux sites de production du
thé, avec Darjeeling au nord de l'Inde, et le Sri Lanka. Nous
prenons un rickshaw (un peu collant mais très enthousiaste :
'nice view, take picture !') et au bord de la route, on assiste à
la fin de la journée de travail pour certaines ouvrières
; elles taillent (tous les 3 mois pour un même plant) les
feuilles les plus jeunes qui seules servent à la fabrication
du thé, et sont payées environ 80 roupies (1,40 euros)
pour les 35 kg de feuilles coupées chaque jour ... La plupart
de ces plantations appartiennent à l'empire Tata, le
milliardaire (en euros) de l'Inde, que l'on ne peut pas rater ici
puisqu'il fournit au pays outre le thé, des voitures, le
téléphone, la TV par satellite,etc ... et même
une compagnie aérienne ..
Un peu de culture ... : le thé vert
est non fermenté , il est torréfié, roulé
et desséché. C'est le thé qui désaltère
le plus et qu'on peut consommer tout au long de la journée, on
vante aussi ses vertus thérapeutiques ... Les feuilles du thé
noir sont flétries, roulées et fermentées, puis
desséchées ...Voila , vous savez tout ..!

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