3 mois en Inde du Sud (fév/avril 07)
"S'il est un héritage dont l'Inde peut faire profiter le monde, c'est cet évangile de clémence et de confiance qui est l'un des plus beaux fleurons de notre pays" (GANDHI, La voie de la non-violence)


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DANS LES MONTAGNES DU SUD ... (10 / 20 avril)

(plantation de cardamone)


    Après Varkala, nous décidons de changer d'itinéraire et d'éviter la route de Kanyakumari (pointe sud de l'Inde) et de Madurai, car la chaleur de l'été ici se fait pressante, voire oppressante ...

    Les sommets de sud de l'Inde se situent entre 1000m et 2600m d'altitude et la température en avril / mai est idéale ... : on rejoint donc la région de Periyar , le village de KUMILY.

 

    Le train qui nous conduit vers Kottayam est bondé : c'est une ligne importante qui part de la pointe sud du pays (Kanyakumari) et remonte jusqu'à Bombay. Train populaire donc, où les européens sont rares, et où les Indiens s'installent pour de longues heures "comme à la maison", souvent en famille et emportant avec eux de lourds colis, des cartons soigneusement ficelés que l'on place là ou l'on peut ... Cela nous fait beaucoup penser à l' Amérique latine où, les voitures personnelles étant très rares comme ici, les transports en commun sont vraiment utilisés et chaque déplacement est optimisé ..


    Un bus nous conduit ensuite de Kottayam, où nous quittons la côte, vers Kumily : la route devient sinueuse, l'air plus frais et l'on commence a apercevoir au bord de la route des arbres à latex, du poivre puis des plantations de thé ..., que nous retrouverons un peu plus tard à Munnar. Kumily est situé tout près de la réserve d'animaux de Periyar, appelée avec fierté ici " Periyar Tiger Réserve" .. Dans la pratique, il y a effectivement des animaux, mais ceux qui ont vu le tigre sont - très - rares ... Des l'arrivée à la gare routière du village, les visiteurs sont happés par des rabatteurs, de mèche avec des chauffeurs de rickshaw . Ils se présentent comme des guides et sont payés par différentes sociétés ou hôtels pour organiser toutes sortes de visites, notamment des trekkings ou 'jungle safaris' (des sorties en jeep autour de la réserve). On est très loin cependant d'un tourisme comme on l'imagine à l'européenne : l'accueil au bureau des gardes forestiers de la réserve est plus que sommaire, les brochures et explications aussi ... Kumily (comme son village voisin Thekady) est resté une petite ville bien indienne, avec ses échoppes de vendeurs, tailleurs et blanchisseurs, et sa vie tranquille.


    Les chambres d'hôtes commencent à se développer dans les environs ; celle où nous passons quelques jours est tenue par Claus, un allemand venu en Inde dans les années 70 et marié à une Indienne. L'ambiance est sympa  et le lieu, connu maintenant depuis de nombreuses années, se prête aux rencontres entre voyageurs de toutes sortes.  Nous rencontrons un Belge, parti depuis 3 ans et demi maintenant, et qui voyage en Inde et dans le sud est asiatique avec sa moto, une Royal Enfield achetée ici. Il nous avoue qu'il est plus facile pour lui de vivre ici presque sans travailler, que de retourner dans son pays où la vie est devenue très chère .. et l'immobilier inaccessible. Il connaît très bien cette région du monde, nous parle des régions de l'Himalaya, et des rencontres de voyage qui l'ont marquées, notamment celle qu'il a faite avec un Italien qui voyage depuis environ 30 ans ...


    D'autres européens se sont installés ici. Nous visitons sur les hauteurs de Kumily la ferme bio de Bruno, un Lyonnais marié aussi a une Indienne et installé depuis 16 ans maintenant dans ce cadre magnifique au milieu de ses plantations de café et de poivre .. La région est très connue pour ses épices : les conditions d'altitude et de climat permettent la production de cardamone, de poivre, mais aussi de café.


    Nous passons devant une coopérative de cardamone, ou les femmes passent cette épice dans des tamis de différentes tailles pour les 'conditionner', les plus gros étant les plus recherchés. On dit que cette épice, très utilisée ici, a entre autres vertus celle de faire maigrir !

 

    Après ces quelques jours on prend la route de KODAIKANAL, située plus haut autour de 2000m d'altitude, la route qui nous y conduit traverse une région très agricole, où dominent les cocotiers, dont le lait et l'huile sont très utilises dans la cuisine du Kerala. On trouve aussi des vignes, qui produisent le raisin de table que l'on retrouve dans beaucoup de boutiques de rue. Quant aux vins, on n'en a pas bu depuis notre départ, mais l'Inde commence à en produire dans la région de Bangalore.. La route de montagne qui conduit à Kodaikanal est superbe, le paysage est dominé sur les hauteurs par les forets d'eucalyptus.


    La petite ville elle même est sans charme particulier, mais elle domine un joli lac et elle est surtout la destination favorite des Indiens (pour l'infime minorité qui peuvent partir en vacances) dans les mois d'été d'avril et mai. On s'en aperçoit très vite en arrivant, ce week-end là est en plus un week-end particulier de vacances indiennes .. Ceux là font des ballades en pédalo, ou dégustent des glaces au bord du lac .., bref des vacances "à l'européenne". C'est une région de circuits de trekking, mais les Indiens ne font pas de randonnée : ils remplissent en général, à une dizaine de personnes, un gros 4x4 et font du "sight seeing", c'est à dire se déplacent en voiture sur les points de vue les plus connus ..


    Dans l'hôtel que nous prenons, nous sommes les seuls européens ; c'est un véritable hôtel à l'indienne, avec confort modeste, vue sur la montagne .. et sur les déchets que l'on y jette sans scrupules, ce qui défigure pas mal les environs. Les Indiens en vacances occupent le hall commun de l'hôtel comme à la maison, s'installent portes ouvertes dès 6h du matin et font leurs gargarismes et leur rots sonores, assis sur leurs lits devant les chaines tv  du satellite et le son à fond ...  Comme dirait un patron d'hôtel ici, observant ce qui distingue européens et indiens, il y a deux choses essentielles qui les différencient : "privacy" (le souhait de préserver une vie privée) et "confort"..., choses futiles pour la plupart des Indiens.


    A Kodaikanal, ou l'on produit aussi du chocolat ..., quelques lieux écolo se développent : une boutique bio et un resto délicieux , la "German Bakery", crée par un Allemand dans les années 70 (il en existe un autre à Goa) et qui a développé dans le nord de l'Inde près de l'Himalaya une ferme écologique où il produit blé et céréales notamment .

 

    Finalement on prend goût à la température de la montagne, et avant de retourner à Pondichéry, on décide de partir pour MUNNAR, pas très loin de là dans le Kerala.


    L'arrivée à Munnar est tout simplement magique, les plantations de thé recouvrent comme un tapis vert la montagne, offrant des points de vue sublimes ; la route surplombe des lacs et traverse aussi des forets d'eucalyptus et des plantations de cardamone ..


    Munnar est un des principaux sites de production du thé, avec Darjeeling au nord de l'Inde, et le Sri Lanka. Nous prenons un rickshaw (un peu collant mais très enthousiaste : 'nice view, take picture !') et au bord de la route, on assiste à la fin de la journée de travail pour certaines ouvrières ; elles taillent (tous les 3 mois pour un même plant) les feuilles les plus jeunes qui seules servent à la fabrication du thé, et sont payées environ 80 roupies (1,40 euros) pour les 35 kg de feuilles coupées chaque jour ... La plupart de ces plantations appartiennent à l'empire Tata, le milliardaire (en euros) de l'Inde, que l'on ne peut pas rater ici puisqu'il fournit au pays outre le thé, des voitures, le téléphone, la TV par satellite,etc ... et même une compagnie aérienne ..


    Un peu de culture ... : le thé vert est non fermenté , il est torréfié, roulé et desséché. C'est le thé qui désaltère le plus et qu'on peut consommer tout au long de la journée, on vante aussi ses vertus thérapeutiques ... Les feuilles du thé noir sont flétries, roulées et fermentées, puis desséchées ...Voila , vous savez tout  ..!



Publié à 05:38 le 21/04/2007 dans H LES MONTAGNES DU SUD
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